HISTOIRE / GEOGRAPHIE

Histoire du Continent et de la République du Centrafrique

Création des continents

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Il y a 300 à 400 millions d'années environ, tous les continents étaient rassemblés en un vaste ensemble unique, la Pangée.

Tous les continents se trouvent sur les grandes plaques tectoniques, c'est-à-dire les grandes plaques de roches qui forment la surface de la Terre. Ces grandes plaques, qui forment la croûte terrestre, se remodèlent sans cesse, créant et défaisant, au cours des millénaires, de nouveaux continents.

Quand les continents ont commencé à se déplacer il y a environ 250 millions d'années, la Pangée a ouvert l'océan Atlantique.

Entre 120 et 84 millions d’années, une deuxième phase de mouvements se met en place : l’Amérique du Sud se rattache à l’Amérique du Nord et l’ensemble des plaques Afrique, Inde et Australie suivent un mouvement grossièrement sud-nord qui conduit à la fermeture de l’ancien océan Thétys et à l’ouverture des actuels océans Atlantique Sud et Indien. C’est cette configuration (Amériques solidaires, mouvement de convergence sud-nord des plaques Australie, Inde et Afrique, vers l’Eurasie) qui perdure actuellement.

 

 

Les continents continuent aujourd'hui à dériver

 

 

L'Afrique :  il y a environ 2,6 millions d'années, le continent est le berceau de l'humanité, où s'est élaboré, il y a 200 000 ans environ.

Vers la fin de la Préhistoire, le Sahara, qui était alors formé de grands lacs, devint aride et « coupa » l'Afrique en deux, conduisant à des évolutions historiques distinctes mais non totalement indépendantes entre le nord et le sud, toujours reliés par divers corridors commerciaux passant par des réseaux d'oasis et parfois même unifiés sous une même puissance, comme celle des premiers Almoravides ou de l'Empire chérifien.

 

2,1 milliard d'années : Gabon - Le Gabon recèle les traces de vie pluricellulaire les plus anciennes connues à ce jour. Elles remontent à 2,1 milliards d'années et ont été découvertes dans le Francevillien de la région de Franceville en 2008. En juin 2014, le CNRS annonce la découverte de nouveaux fossiles macroscopiques d'une taille allant jusqu'à 17 cm et confirme l'âge du gisement fossile à 2,1 milliards d'années.

En 2021, des pierres taillées découvertes sur le site d'Elarmékora sont datées indirectement à au moins 650 000 ans. La datation repose sur celle des échantillons de sol prélevés depuis la surface jusqu'à la strate où se trouvaient les pierres, datés par les nucléides cosmogéniques 26Al et 10Be

200 millions d'années : Leshoto - Des gisements de dinosaures, et des empreintes d’espèces de grande taille ont été découverts au Lesotho. Ainsi, dans les années 2000, une équipe de paléontologues britanniques, sud-africains et brésiliens a découvert les empreintes d'une espèce de dinosaure carnivore encore inconnue, sur une couche géologique datant de 200 millions d'années, dans la vallée de Roma, au sud-ouest du pays. Une rivière coulait alors à cet endroit. Ces empreintes constituent une preuve que des théropodes carnivores de très grande taille vivaient dans cet écosystème surtout dominé par une variété de dinosaures herbivores, omnivores et carnivores beaucoup plus petits, expliquent ces scientifiques. Pour Lara Sciscio, une chercheuse de l'université du Cap, « Cette découverte marque la première présence de très grands dinosaures carnivores au début du Jurassique dans le sud de Gondwana, le continent préhistorique qui s'est plus tard brisé pour former l'Afrique et les autres masses continentales »

La première difficulté, dans l'histoire de l'Afrique australe, est dans le choix des noms utilisés pour désigner les populations : les termes utilisés au XXe siècle ont souvent été ceux des colonisateurs d'origine européenne. Le terme français « Bochimans », par exemple, est dérivé du mot utilisé par les colons néerlandais « bosjesman », et signifiant littéralement « hommes des buissons », « hommes de la brousse » ou « hommes du bush ». Les colons anglais ont utilisé la traduction littérale « Bushmen ». Ces Bochimans, des chasseurs-cueilleurs, ont été opposés à des populations, arrivées de contrées plus au nord, au mode de vie plus pastoral, se consacrant à l'élevage d'animaux, à l'agriculture et maîtrisant le travail du fer et ayant une structure sociale plus hiérarchisée. À la fin du XXe siècle et début du XXIe siècle, une distance est prise à la fois avec le vocabulaire des colons d'origine européenne. Plusieurs termes sont employés mais les chasseurs-cueilleurs installés initialement sont souvent désignés de peuple San. Les Sans des montagnes vécurent en autarcie pendant des milliers d'années. Mais au XVIIe siècle, les Sothos arrivés en Afrique australe quelque cinq siècles plus tôt commencèrent à coloniser les montagnes du centre du Drakensberg.

4 millions d'années avant J.C. : Éthiopie - Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité, l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain. Les premières traces d'hominidés remontent à 3 ou 4 millions d'années.

La Corne de l'Afrique, et en particulier le territoire de l'actuelle Éthiopie, se trouve au cœur de l'histoire de l'humanité1. On y trouve les restes de certains des plus anciens hominidés connus (entre autres, Dinknesh (ድንቅ ነሽ), appelée généralement « Lucy », âgée de 3,18 millions d'années, et Ardipithecus kadabba, un hominidé de 5,2 à 5,8 millions d'années) mais également les plus anciennes traces de l'homo sapiens moderne, après le Maroc depuis mai 2017 - Djebel Irhoud, 300 000 ans.

L'existence d'un royaume qualifié d'« éthiopien » au sud de l'Égypte est très tôt évoquée dans l'Antiquité par les sources grecques et égyptiennes, sans que sa localisation précise soit clairement identifiée.

Depuis le début des fouilles entreprises dans le pays dans les années 1960, l'Éthiopie témoigne d'un patrimoine paléontologique extrêmement riche qui entraîne encore de nos jours de nouvelles découvertes. L'Éthiopie, située sur la vallée du Grand Rift, est ainsi le pays où ont été découverts les plus anciens ossements d'Homo sapiens. Elle est également l'un des pays où des restes de très anciens hominidés ont été mis au jour, avec le Tchad (Sahelanthropus tchadensis, 6 à 7 millions d'années) et le Kenya (Orrorin tugenensis, 6 millions d'années).

L'un des fossiles éthiopiens les plus connus est Lucy, appelée localement Dinknesh. Elle a été découverte le 30 novembre 1974 à Hadar sur les bords de la rivière Awash dans le cadre de l'International Afar Research Expedition, un projet regroupant une trentaine de chercheurs américains, français et éthiopiens. Daté de 3,2 millions d'années, Dinknesh appartient au genre Australopithecus afarensis, cousin du genre Homo. Il s'agit du premier fossile relativement complet qui ait été découvert pour une période aussi ancienne. Il a révolutionné par ailleurs notre opinion sur les origines humaines, en démontrant que l’acquisition de la marche bipède remontait à plus de 3 millions d’années.

En février 2001, une équipe éthiopienne et américaine dirigée par les paléontologues Yohannes Hailé-Sélassié et Tim White annonce la découverte d'un hominidé âgé de 5,2 à 5,8 millions d'années. L'Ardipithecus kadabba (de l'Afar, ancêtre de base de la famille), considéré comme appartenant au même genre que Ardipithecus ramidus (de l'Afar Ardi, terre et ramid, racine). En janvier 2005, la revue Nature présente la découverte de nouveaux représentants de l'espèce Ardipithecus kadabba au nord-est de l'Éthiopie par l'équipe de Sileshi Semaw (Université de l'Indiana).

En février 2008, le fossile d'un ancêtre des grands singes africains est découvert dans la région de l'Afar par une équipe japonaise et éthiopienne. Âgé de 10 millions d'années, Chororapithecus abyssinicus pourrait être un gorille primitif ou représenter une branche indépendante proche de celle des gorilles. En février 2005, les restes fossilisés d'un squelette qui pourrait être le plus vieux « bipède exclusif » jamais découvert (âgé de 3,8 à 4 millions d'années), est mis au jour aux alentours de la localité de Mille, dans la région de Afar par une équipe de paléontologues éthiopiens et américains, codirigée par Bruce Latimer, directeur du Musée d'Histoire naturelle de Cleveland (États-Unis) et par le spécialiste éthiopien Yohannes Haile Selassié.

Les découvertes les plus importantes restent néanmoins celles des plus anciens représentants de l'homme moderne, notamment à travers la datation en février 2005, par Ian McDougal de deux crânes baptisées Omo 1 et Omo 2 découverts en 1967 à Kibish, en Éthiopie. À partir des sédiments dans lesquels ont été retrouvés ces crânes, ceux-ci ont été datés d'environ 195 000 ans. Ils constituent ainsi les plus vieux ossements d'Homo sapiens jamais découverts.

En juin 2003, une équipe internationale dirigée par Tim White, F. Clark Howell (Berkeley, Californie), et Berhane Asfaw (Centre de recherche de la Vallée du Rift, Addis Abeba) met au jour le fossile dénommé Homo sapiens idaltu (idaltu voulant dire « ancien » en langue Afar, région des fouilles) (Homme de Herto). Daté de 154 000 ans, communément appelé « l'homme d'Herto », il constitue alors, avec Omo 1 et Omo 2, le plus vieux représentant de l'espèce Homo sapiens. La découverte est réalisée près du village de Herto, à 225 km au nord-est de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. Berhane Asfaw indique alors « Avec l'Homo sapiens idaltu, vous avez maintenant en Éthiopie la séquence entière de l'évolution humaine », le journal American Scientist titre en décembre 2003 : « Nous sommes tous africains ». (En mai 2017 une publication révèle les analyses de trois crânes découverts au Maroc : ils sont plus anciens de 100 000 ans...).

Dinknesh et le fossile type d'Ardipithecus kadabba sont de nos jours exposés au musée national d'Addis Abeba.

2,5 millions d'années Av J.C. : Afrique du Sud - De nombreux fossiles, trouvés dans les grottes de Sterkfontein, Swartkrans, Kromdraai et Makapansgat, indiquent que des australopithécinés vivaient sur le plateau du Highveld il y a environ 2,5 millions d'années;

2,5 millions d'années avant J.C. : Kenya - La vallée du Grand Rift est souvent désignée comme le « berceau de l'humanité » en raison des nombreux fossiles d'hominidés qui y ont été trouvés. Les plus anciens, des Proconsuls datant du Miocène, ont été découverts sur l'île d'origine volcanique de Rusinga par Louis Leakey. D'autres découvertes indiquent que des hominidés comme Homo habilis et Homo ergaster vécurent au Kenya il y a 2,5 millions d'années (Plaisancien).

2,4 à 1,8 millions d'années avant J.C. : Algérie - Il existe en Algérie, un des premiers berceaux de l'humanité, plusieurs sites ont été découverts, dans le Sahara qui était alors moins sec et où s'étendaient de vraies savanes.

Au Nord du pays, il existe de nombreux sites représentatifs du Paléolithique inférieur, tel que celui d'Aïn El Ahnech, près de Sétif, où les plus anciens restes d'hominidés en Afrique du Nord ont été attestés. Le site est considéré comme le plus ancien gisement archéologique d'Afrique du Nord. L'âge des vestiges est évalué par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de l'apparition de l'Homo habilis. Toutefois en 2018 sont mis au jour les gisements de pierre taillées les plus anciens d'Algérie sur le site d'Aïn Boucherit, au sud-est d'Alger, gisements vieux de 1,9 million d'années à 2,4 millions d'années

2,3 à 1,7 millions d'années avant J.C. : Éthiopie - Le site de Kada Gona, à Hadar, a livré certains des plus anciens outils taillés connus à ce jour. Ils sont âgés de 2,3 à 2,5 millions d'années. Ces premiers outils sont des galets aménagés présentant un bord tranchant.

À partir d'environ 1,7 million d'années, l'Oldowayen, caractérisé par une industrie lithique peu élaborée, laisse place à l'Acheuléen. Celui-ci se caractérise par l'apparition de nouveaux outils, plus grands et plus élaborés, tels que les bifaces, les hachereaux ou les bolas. Ces nouveaux outils apparaissent eux aussi pour la première fois en Afrique. Melka Kunture et Gadeb sont des sites éthiopiens ayant livré des vestiges de cette période.

Melka Kunture a livré des fossiles d'Homo erectus parmi les plus anciens du continent africain. Plusieurs milliers d'outils travaillés (grattoirs, rabots, pièces à encoches et outils denticulés) y ont été mis au jour. Des milliers de vestiges en obsidienne ont également été retrouvés sur ces sites : le nom de cette roche viendrait de celui d'Obsius, un personnage de la Rome antique qui signala le premier sa présence en Éthiopie.

2,3 millions d'années avant J.C. à 8 000 avant notre ère : Malawi - On a retrouvé au Malawi, sur le site d'Uraha, des restes d’hominidés datant de 2,5 à 2,3 millions d'années, parmi les plus anciens fossiles du genre Homo connus à ce jour, appartenant à Homo rudolfensis et des outils en pierre datant de plus d’un million d’années. La présence humaine est attestée au bord du lac Malawi il y a 50 000 à 60 000 ans.

2 millions d'années : Algérie - Des sites archéologiques ont livré des vestiges d’hominidés datés par archéomagnétisme de près de deux millions d’années. Le site d'Aïn Hanech (« la source du serpent »), près d'El Eulma, dans la wilaya de Sétif, a livré les industries les plus anciennes. Les chercheurs ont aussi décelé la présence d'Homo habilis et d'Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope), dès l'Acheuléen, à Mostaganem (site Errayah), à Tighennif, à Tabelbala-Tachenghit, à N'Gaous.

800 000 à 400 000 avant J.C. : Algérie - Le site acheuléen de Tighennif, dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est évalué entre 800 000 et 400 000 av.J.-C. Parmi ces vestiges, composés essentiellement d'ossements d'animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les ossements d'un Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope (homme de l'Atlas), aujourd'hui considéré comme un Homo erectus. L'homme de Tighennif est considéré comme le plus ancien représentant connu du peuplement de l'Afrique du Nord.

700 000  avant J.C. : Maroc - À l'Acheuléen (Paléolithique inférieur), des indices datant d'au moins 700 000 ans traduisent une première activité humaine. Ces hommes vivaient principalement de la cueillette et de la chasse. Les outils de cette époque sont les galets aménagés, le biface, les hachereaux découverts notamment dans les régions de Casablanca et de Salé. Découverte en 1999 de la statuette de la Vénus de Tan-Tan.

Habité dès la préhistoire, le Maroc et son territoire ont connu des peuplements berbères, phéniciens, carthaginois, romains, vandales, byzantins et arabes.

 

400 000 à 50 000 Av. J.C. : Kénya - Sur le site de Panga Ya Saidi, à l’est du Kenya découverte de la plus ancienne sépulture du continent africain. Selon eux, les os et résidus prélevés prouvent que les Homo sapiens enterraient leurs morts depuis le Middle Stone Age (400 000-50 000

av. J.-C.). Le squelette, baptisé Mtoto (qui signifie enfant en swahili) est en effet celui d’un Homo sapiens, âgé de 3 ans au moment de sa mort survenue il y a environ 78 000 ans. Plusieurs indices laissent supposer qu’un rite funéraire a été pratiqué avant l’inhumation et que celui-ci nécessitait plusieurs personnes.

400 000 Av. J.C.: Gabon - Il existe des traces d'un peuplement préhistorique du Gabon remontant à 400 000 ans et se poursuivant jusqu'à l'âge du fer.

On peut attester d'un peuplement préhistorique du Gabon. Des pierres travaillées ont été découvertes dans la région de la Lopé, datées de

400 000 ans.

400 000 à 1 000 Av. notre ère : Mozambique - L’histoire du Mozambique dans sa période préhistorique est mal connue. La première difficulté réside dans le choix des noms employés pour désigner les populations : les termes utilisés au XXe siècle ont souvent été ceux des colonisateurs européens. Le terme français « Bochimans », par exemple, est dérivé du mot utilisé par les colons néerlandais « bosjesman », et signifiant littéralement « hommes des buissons », « hommes de la brousse » ou « hommes du bush ». Les colons anglais ont utilisé la traduction littérale « Bushmen ». Ces Bochimans, des chasseurs-cueilleurs, ont été opposés aux Hottentots, autre terme des colons néerlandais, pour désigner des populations, arrivées du nord, de la vallée du Zambèze et au mode de vie plus pastoral, se consacrant à l'élevage d'animaux, à l'agriculture et maîtrisant le travail du fer et ayant une structure sociale plus hiérarchisée. À la fin du XXe siècle et début du XXIe siècle, une distance est prise à la fois avec le vocabulaire des colons d'origine européenne et avec ce schéma d'opposition, cette dichotomie. Plusieurs termes sont employés mais les chasseurs-cueilleurs installés initialement sont souvent désignés de peuple San, et les populations pastorales de Khoïkhoï.

Il n'est pas confirmé qu'il y ait eu opposition des populations initiales au profit de nouveaux arrivants : comme dans d'autres contrées du monde, il est possible qu'il y ait eu dans un premier temps un processus de néolithisation des populations en place, par l'évolution du mode de subsistance, transmis ensuite des parents aux enfants, sur fond de tradition orale, puis une arrivée d'éleveurs de troupeaux plus importants, qui se traduit par une prédominance culturelle au sein de peuples déjà acquis aux évolutions majeures (élevage, agriculture, travail du fer, ...), se traduisant notamment dans la langue utilisée.

Parmi les sites archéologiques récents au Mozambique, Manyikeni, Quélimane, Ngalue (en), Chibuene (de), Sena (Mozambique), Sofala, Tete, Zumbo, ou Matola peuvent être cités. Les études archéologiques, mais aussi génétiques et linguistiques, sont utilisés pour comprendre les évolutions les plus anciennes des populations.

350 000 avant notre ère : Sénégal - Abdoulaye Camara considère que les humains sont présents au Sénégal depuis 350 000 ans.
Les plus anciennes traces de la présence humaine ont été découvertes dans la vallée de la Falémé – au sud-est du Sénégal.

300 000  avant J.C. : Maroc - C'est au Maroc, à Djebel Irhoud, qu'ont été découverts en juin 2017 les plus anciens restes d'Homo sapiens au monde, datant de plus de 300 000 ans.

250 000 à 50 000 avant J.C. : Algérie - L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de nourriture. Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et des hachereaux ainsi que plusieurs autres types d'outils. Homo erectus disparaît vers 250 000 av. J.-C., après près de 2 millions d'années de présence. L'Algérie est alors exclusivement peuplée d'Homo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occupent le Maghreb central pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. J.-C., soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen.

250 000 à 50 000 avant J.C. : Libye - La chronologie absolue fiable pour le Paléolithique moyen de l'Afrique du Nord en est encore à ses débuts. À l'exception du Maghreb où l'Atérien est susceptible d'avoir survécu jusque vers 30 000 ans, pour la majeure partie de l'Afrique du nord, la séquence du paléolithique moyen se trouve au-delà des possibilités de datation par le carbone 14. Les déterminations d'âge proviennent d'autres techniques comme la thermoluminescence, l'ESR et l'OSL. Les dates disponibles suggèrent que le Moustérien était présent dans le sud-est du Sahara au début de la fin du Pléistocène moyen (250-240 000 ans). Ces premières trouvailles datées du Paléolithique moyen sont identifiées comme du Moustérien et montrent de nombreuses affinités formelles avec le Moustérien du sud-ouest de l'Asie et de l'Europe.

Deux sites majeurs offrent des assemblages moustériens en Cyrénaïque: Hajj Creiem et Haua Fteah. L'Atérien est aussi présent à Haua Fteah ainsi qu'à Wadi Gan, mais est absent du site de Hajj Creiem, qui semble présenter une relativement courte période d'occupation. D'autres sites atériens sont présents dans le Tadrart Acacus, dans le sud et l'ouest de la Libye.

200 000 Av. J.C. : Congo Kinshasa (Zaïre)- Les plus anciennes traces de peuplement au Congo sont associées à un préacheuléen, découvert sur les sites archéologiques de la Mulundwa au Katanga, de Katanda et de Sanga au Kivu. Les galets taillés ou choppers ont un âge estimé à plus de 200 000 ans , sans qu'il soit possible d'être plus précis aujourd'hui.

200 000 Av. J.C. : Éthiopie - Considérée comme l'un des berceaux de l'humanité, l'Éthiopie est l'une des plus anciennes zones de peuplement humain. Les premières traces d'hominidés remontent à 3 ou 4 millions d'années. L'apparition de l'Homo erectus et de l'Homo sapiens dans la région se situe entre 1,7 million d'années et 200 000 ans avant notre ère. L'Éthiopie, durant l'Antiquité, semble avoir fait partie du pays de Pount (IIIe millénaire av. J.-C. — Ier millénaire av. J.-C.).

120 000 et 40 000 avant J.C. : Maroc - Le Moustérien (Paléolithique moyen) entre 120 000 et 40 000 ans avant l'ère chrétienne, se caractérise par l'évolution de l'outillage. Cette période a livré des racloirs et des grattoirs, en particulier au sein de l'industrie lithique de Djebel Irhoud.

La période de l'Atérien est connue uniquement en Afrique du Nord. Cette période se caractérise par la maîtrise de la production d'outils présentant des pédoncules destinés à faciliter l'emmanchement. Cette période a aussi connu un changement climatique, puisque la faune et la flore se raréfient, laissant place au désert qui coupe aujourd'hui l'Afrique en deux.

90 000 Av J.C. : Afrique du Sud - Il est généralement admis que Homo sapiens, l'humain moderne, remplace Homo erectus il y a environ 100 000 ans. Des fossiles controversés, trouvés sur le site des grottes de la rivière Klasies, dans la province du Cap-Oriental, indiqueraient que l'humain moderne vivait en Afrique du Sud il y a plus de 90 000 ans.

L'Afrique du Sud compte également de nombreux sites du Middle Stone Age tels que Blombos, Diepkloof ou Border Cave. Ces sites ont livré des vestiges interprétés comme des indices de l'émergence de la modernité culturelle, blocs d'ocre gravés, perles en coquillage (Blombos), coquilles d'œuf d'autruche incisés (Diepkloof), os incisés (Border Cave).

Durant le Later Stone Age, des groupes apparentés aux Bochimans et aux Khoïkhoïs actuels se mettent en place. Il est difficile de reconstituer précisément l'histoire et l'évolution de ces groupes. Il semble que le nombre des Bochimans n'ait jamais excédé une cinquantaine de milliers d'individus sur le territoire de l'actuelle Afrique du Sud. Ces chasseurs-cueilleurs nomades n'ont, en termes modernes, laissé presque aucune empreinte écologique excepté des peintures rupestres.

70 000 Av. notre ère : Mauritanie - Les premiers habitants de la Mauritanie sont apparus il y a au moins 70 000 ans. Le climat était alors plus humide, le territoire était parsemé de cours d'eau et de lacs poissonneux et la faune y était abondante. Dans ce contexte, des populations venues du Sud (Bafours) y ont développé une civilisation de chasseurs-pêcheurs puis agropastorale. Ces populations étaient en partie sédentaires.

Le Sahara néolithique, à l’instar de l’Europe au paléolithique (dans les millénaires précédents) a fourni des témoignages poignants du sens artistique de l’homme, en particulier dans le domaine de la gravure et de la peinture rupestre: les fresques extraordinaires du Hoggar et du Tassili N’ajjer le prouvent.

La sculpture sur pierre, sur os et sur bois, la bijouterie de pierre sont également présents. La Mauritanie Néolithique a connu ces techniques artistiques mais, de même peut-être que pour la céramique, il semble qu’elle fasse figure de parent pauvre. On n’y a pas découvert pour l’instant de fresques rupestres notables, ni de sculptures particulièrement exceptionnelles. L'explication en serait qu'il y a peut-être eu, d’Est en Ouest à travers le Sahara, une "dégradation" du sens artistique de l’homme néolithique, qui ne serait parvenu que plus récemment dans cette partie occidentale d'Afrique.

60 000 Av J.C. : Soudan - Les fouilles archéologiques menées sur le Nil en amont d'Assouan ont confirmé l'occupation humaine de la vallée dès le paléolithique, il y a plus de 60 000 ans, principalement vers Khashm El Girba et Khor Musa, avant 8000 avant notre ère, mais aussi Affad 23  et Djebel Sahaba.

50 000 à 20 000 avant J.C. : Algérie - À partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. J.-C., l'Acheuléen cède la place à l'Atérien.

Durant cette période, vers 20 000 av. J.-C., de fortes pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, qui connaissent alors un climat très humide favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Atériens chassent en grand nombre.

Vers 20 000 av. J.-C., apparaît la culture dite parfois de « l'homme de Mechta Afalou » qui s'épanouit surtout sur la côte et dans la zone tellienne. Pour désigner la même réalité humaine, et pour la même époque, on a parfois parlé de culture « ibéro-maurusienne » parce qu’on avait pensé trop hâtivement qu’elle chevauchait entre l'Espagne et le Maghreb, cette culture est ensuite parfois qualifié de « Oranien » puis « Mouillie » ou « industrie de la Mouillah »

45 000 à 12 000 Av J.C. : Afrique Côte d'Ivoire - La date de la première présence humaine en Côte d’Ivoire est difficile à évaluer, les ossements ne se conservent pas dans le climat humide du pays. Cependant, la présence de fragments d'armes et d'outillages très anciens (haches polies taillées dans des schistes, débris de cuisine et de pêche) découverts sur le territoire national est interprétée comme la possibilité de la présence d’hommes, en assez grand nombre, au paléolithique supérieur (45 000 à 12 000 ans avant le présent) ou au minimum, l’existence sur ce terroir, d’une culture néolithique. Les plus anciens habitants connus de la Côte d’Ivoire ont toutefois laissé des traces disséminées à travers tout le territoire. Les populations arrivées avant le XVIe siècle sont aujourd'hui des groupes minoritaires ayant plus ou moins bien conservé l'essentiel de leurs civilisations. Ce sont les Agoua et Ehotilé (Aboisso), Kotrowou (Fresco), Zéhiri (Grand-Lahou) et Ega ou Diès (Divo).

45 000 à 12 000 Av. notre ère : Libye - Haua Fteah est une grotte très large et profonde, avec une très longue séquence du Paléolithique moyen, qui comprend des horizons atériens et moustériens. Il existe deux dates carbone 14: 43 400± 1300 ans et 47 000± 3200 ans. La méthode C14 montre des limites quant à la certitude de ces dates. De rares pièces atériennes se rencontrent aussi dans des horizons du début du paléolithique moyen (couche XXXV), que McBurney date de la fin du dernier interglaciaire, sur la base de calculs de températures basés sur des coquillages marins associés. Ces niveaux dateraient de plus de 70 000 ans. Les outils de type atériens (grattoirs, burins ; des pièces foliacées bifaciales, des racloirs et des pièces pédonculées) ont été retrouvés en quantité notable. Ils sont légèrement plus fréquent dans la séquence haute mais disparaissent dans la séquence inférieure (couches de sédiments). Des indices isotopique des coquillages retrouvés dans ces sédiments indiquent une température froide. Dans ce cas, les niveaux moustériens semblent suivre l'Atérien.

Un assemblage très différent a été retrouvé à Wadi Gan, dans l'ouest de la Libye. Le site est un mince horizon d'occupation. L'assemblage consiste en quelques nucléus de très petite taille, d'outils fait de pièces pédonculées, des pointes moustérennes (quelques-unes denticulées et qui peuvent être classées comme des pointes de Tayac), des racloirs, des grattoirs ; d'autres outils comprennent des denticulés, un burin et une pièce foliacée. Les fréquences des pièces pédonculées et des pointes sont plus élevées et celles des pièces foliacées bifaciales plus faibles, dans le Wadi Gan que dans les niveaux atériens de Haua Fteah. L'importance du nombre des grattoirs par rapport aux racloirs, et la pauvreté en pièces foliacées bifaciales au Wadi Gan rappelle l'Atérien tunisien. Cela pourrait indiquer un contact avec des groupes du paléolithique supérieur présents dans l'est de la Libye vers 35 000 ans et dans la vallée du Nil avant 32 000 ans. L'assemblage du Wadi Gan serait plus récent, entre 30 000 et 35 000 ans.

Deux fragments de mandibules, une d'adulte et l'autre juvénile, ont été découverts par McBurney dans la couche (XXXIII) levallois-moustérienne, à proximité de l'interface avec la couche XXXIV, et environ 2,5 m sous le niveau du début du Paléolithique supérieur. Les données paléoclimatiques indiquent un épisode froid et une date C14 de 47000 ans, permettent à McBurney de situer ces hominidés à une époque contemporaine du début du Vistulien. L'examen des mandibules, par Klein et Scott, démontre l'absence de caractères néandertaliens dans ces fragments. Il a été alors proposé comme au Djebel Irhoud ou les Atériens de Dar es Soltan, que cette population non-néandertalienne n'était cependant pas encore totalement moderne.

40 000 Av J.C. : Afrique du Sud - Les Khoïsan, regroupant les Khoïkhoïs et les Sans, sont les premiers habitants connus de l'Afrique du Sud       (40 000 av. J.-C.).

35 000 Av. notre ère : Mauritanie - Paléo-climat

En 35 000 ans, le Sahara — y compris en Mauritanie — a connu au moins trois périodes désertiques (avant l’actuelle) et quatre périodes humides plus ou moins tropicales. (cf. tableau en image) Le tableau présenté n'est évidemment pas exhaustif et les datations sont sujettes à caution. Certains spécialistes intercalent d’autres périodes: ainsi une époque sèche, le Tafolien, apparaît soit entre le Tchadien et le Nouakchottien, soit après ce dernier; ce qui a des conséquences dans la chronologie préhistorique. Quoi qu’il en soit, l’idée que l’on a des paléoclimats de Mauritanie est relativement précise.

30 000 Av J.C. : Guinée-équatoriale - Les vestiges d'une présence humaine ont été découverts en fouille au site de Mossumu (province du Littoral) et datés de 30 000 av. J.-C. Il s'agit d'une industrie dite « Sangoenne », bien connue à cette époque à travers l'Afrique centrale. Quelques autres sites, de surface ou en affleurement stratigraphique, indiquent que l'Âge Moyen de la Pierre est bien représenté dans cette partie du pays.

30 000 et 20 000 avant notre ère : Maroc - Le Paléolithique supérieur est marqué par l'arrivée d'Homo sapiens, porteur de l'industrie ibéromaurusienne. À Taforalte (Berkane), les outils retrouvés datent de 30 à 20 000 ans av. J.-C. Des rites funéraires sont identifiés : les morts ont le corps en décubitus latéral et les os peints.

30 000 Av. notre ère : Mauritanie - Paléoclimat

Il y a 30 000 ans, le Sahara est humide et très fertile; les pluies sont abondantes et les températures relativement tempérées. Le réseau hydrographique est fonctionnel et se jette dans l’Océan Atlantique aux rives plus hautes qu’aujourd’hui.

Les ergs sont fixés par un manteau végétal steppique, arboré ou herbacé, suivant les régions et les époques. La faune, outre quelques espèces aujourd’hui disparues, est celle des régions tropicales actuelles : éléphant, rhinocéros, hippopotame, girafe, bovidé, gazelle, antilope, phacochère, lion, crocodile, poissons, mollusques.

Cette période du Paléolithique inférieur est donc favorable au développement de la vie humaine qui existait déjà depuis longtemps par ailleurs. Les premiers Mauritaniens trouvaient probablement aisément de quoi satisfaire leurs besoins par la cueillette et par la chasse.

26 000 Av J.C. : Afrique du Sud - L'histoire de l'Afrique du Sud est très riche et très complexe du fait de la juxtaposition de peuples et de cultures différentes qui se succèdent et se côtoient depuis la Préhistoire. Les Bochimans y sont présents depuis au moins 25 000 ans et les Bantous depuis au moins 1 500 ans. Les deux peuples auraient généralement cohabité paisiblement. L'histoire écrite débute avec l'arrivée des Européens, en commençant par les Portugais qui décident de ne pas coloniser la région, laissant la place aux Néerlandais. Les Britanniques contestent leur prééminence vers la fin du XVIII ème siècle, ce qui mène à deux guerres. Le XXe siècle est marqué par le système législatif séparatiste et ségrégationniste de l'apartheid puis par l'élection de Nelson Mandela, premier président noir d'Afrique du Sud, à la suite des premières élections nationales multiraciales au suffrage universel organisées dans le pays.

26 000 Av J.C. : Namibie - Il y a peu de traces des premiers habitants de Namibie. La découverte en 1991 dans les monts Otavi de la mâchoire d'un grand singe du miocène moyen, l'Otavipithecus (qui n'est pas un hominidé au sens strict), de fragments d'os crânien, de vertèbres, d'outils et d'armes de l'âge de pierre atteste d'une présence ancienne humaine et pré-humaine dans cette région d'Afrique australe.

C'est dans cette actuelle Namibie que l'on trouve également les traces les plus anciennes d'art rupestre du continent africain. Datant de 26 000 ans av. J.-C., elles sont attribuées à des populations nomades dont les Bushmen (ou San) seraient les descendants directs.

20 000 à 10 000 Av J.C. : Algérie - Au Paléolithique moyen, les industries lithiques atériennes sont caractérisées par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l'Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

Le Paléolithique se termine avec l’Ibéromaurusien, connu en particulier à la suite des fouilles menées dans la grotte d’Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette période (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrement.

23 000 à 16 000 Av. notre ère : Mauritanie - Paléoclimat

Plus tard, les périodes arides et humides ont alterné. Entre -23 000 et -16 000, l’océan présentait, du fait de la fonte des glaces, un rivage à quarante mètres au-dessus du niveau actuel. C’est l’époque du « Sahara des lacs », autour desquels la vie est prospère.

16 000 à 12 000 Av. notre ère : Nigéria - Dans les forêts du sud-ouest du Nigeria, des restes humains parmi les plus anciens d'Afrique ont été découverts par Charles Thurstan Shaw en 1965, dans un abri sous roche à Iwo Eleru. Ces restes humains ont été datés entre 16000 av. J.-C. et 12000 av. J.-C

15 500 Av. notre ère : Mauritanie - Paléoclimat

Vers 15 500 avant notre ère, la mer s’est retirée jusqu'à cent dix mètres en dessous de son niveau actuel. Le fleuve Sénégal n’atteint alors plus l’océan: il s'évapore vraisemblablement dans des petits lacs et oasis. Certains préhistoriens pensent que le Nord de la Mauritanie est vide à cette époque, du fait de conditions de vie trop dures

15 000 avant notre ère : Maroc - Une étude sur des restes âgés de 15 000 ans dans la région a démontré que l'Afrique du Nord a reçu des quantités importantes de flux génétique d'Eurasie avant l'holocène et le développement des pratiques agricoles.

12 000 à 5 000 Av J.C.  : Haute -Volta future Burkina Faso - Comme pour tout l'ouest de l'Afrique, le Burkina Faso a connu un peuplement très précoce, avec notamment des chasseurs-cueilleurs dans la partie nord-ouest du pays (12 000 à 5 000 ans avant l'ère chrétienne), et dont des outils (grattoirs, burins et pointes) ont été découverts en 1973.

11 000 à 3 500 Av J.C. : Guinée-équatoriale - L'étude de la Préhistoire de la Guinée suit une subdivision géographique, l'île de Bioko d'une part, la province du Littoral entre Cameroun et Gabon d'autre part.

L'île de Bioko était reliée au continent jusqu'en 8 000 av. J.-C. par un « pont » qui fut lentement immergé par la montée des eaux de l'Atlantique, qui avait débuté vers 11 000 av. J.-C. à la fin du dernier Âge glaciaire. De ce fait, il est probable que ce territoire devait être habité par des populations nomades de chasseurs-cueilleurs, à l'instar de ce qui est connu sur le continent actuel.

Sur l'île de Bioko, il s'agit d'une autre lecture ; celle-ci sera très certainement modifiée dans les années à venir avec l'installation de projets de recherches archéologiques. Trois gisements « prénéolithiques » ont été recensés. Seul celui du séminaire de Banapa au sud de Malabo a été fouillé dans les années 1960 par un anthropologue espagnol. Tout ce qui peut être dit est qu'il est antérieur à la « Tradition Timbabé » de Bioko, encore non datée, elle-même antérieure à la « Tradition Carboneras » datée par le radiocarbone entre le Ve et le Xe siècle de notre ère. Il faut signaler que sur l'île d'Elobey Grande, des pierres taillées similaires à un Âge Récent de la Pierre ont été découvertes en surface. Ces trouvailles étayent l'idée d'une grande ancienneté de la présence humaine sur l'ensemble des îles équatoguinéennes avant qu'elles ne soient définitivement séparées du continent.

Enfin, l'expansion du mode de vie villageois en Afrique centrale implique dans sa modélisation, et avec le rapprochement des données de la linguistique, l'installation sur l'île de Bioko de villages dès 3 500 av. J.-C. Pour l'instant rien n'a été découvert pour vérifier cette hypothèse. La séquence archéologique de l'île, outre le pré-néolithique déjà mentionné, démarre avec la « Tradition Timbabé » connue sur treize points du littoral. Une continuité d'occupation de cette île est désormais bien attestée jusqu'à l'époque historique. À la suite du « Timbabé », on connait les traditions « Carboneras », « Bolaopi », « Buela », et enfin « Balombe ». Cette dernière tradition est historique.

Sur le continent, entre Cameroun et Gabon, les données de fouilles restent lacunaires mais sont suffisantes pour affirmer que la séquence complète qui reste à découvrir sera dans les grandes lignes similaire à ce qui est connu au sud-Cameroun et dans la région de Libreville au Gabon.

10 000 à 6 000 avant J.C. : Éthiopie - Des découvertes archéologiques récentes montrent que les habitants de l'Éthiopie actuelle pratiquaient l'art rupestre vers 10 000 a. J.C. De nombreuses peintures ont été retrouvées dans les régions d'Hararghe, Gamu-Gofa, du Tigré, dans la vallée du Nil Bleu et en Érythrée. Certaines d'entre elles montrent la traite des vaches, l'utilisation d'arcs et de flèches, de lances et de boucliers. Le bétail, les chèvres, des lions et des éléphants y sont très représentés. L'agriculture, via la culture du teff, des graines de Nyjer (graines de Niger) issues de Guizotia abyssinica, et de la banane ensete (Edulis edule), qui étaient déjà cultivées avant 5000 av. J.-C. Les cultures de blé et d'orge, tout d'abord apparues en Asie Mineure et en Iran, sont introduites vers 6000 av. J.-C. Des recherches menées près d'Aksoum montrent que le labourage et l'araire sont utilisés avant le début de l'ère chrétienne. Les pièces axoumites préchrétiennes représentent un épi de blé, accompagné du symbole préchrétien du Soleil et de la Lune.

La date de domestication du bétail est mal définie. Les peintures rupestres suggèrent que les moutons et les chèvres sont domestiqués avant 2000 av. J.-C.

10 000 avant J.C. : Éthiopie - Le mégalithisme éthiopien : On dénombre dans la région du sud de l'Éthiopie la plus grande concentration de mégalithes de tout le continent africain. Au nombre d'une centaine dans le Harar, d'autres plus récents (Ier millénaire de notre ère) se comptent par milliers dans le Choa et le Sidamo. L'une des régions les plus marquées par ce mégalithisme se trouve au sud d'Addis-Abeba, où quelque 160 sites archéologiques ont été découverts jusqu'à présent, celui de Tiya est l'un des plus importants. Il comprend 36 monuments, dont 32 stèles présentant une figuration sculptée faite d'épées et de symboles demeurés énigmatiques.

Certaines de ces sépultures, ou dolmens, sont d'une grand ancienneté puisque plusieurs remontent au dixième millénaire avant notre ère. La taille du monument varie de 1 à 8 mètres. On sait que la plus grande partie de ces mégalithes ont une signification funéraire, et ont vraisemblablement été érigés par un peuple d'agriculteurs.

Un des motifs récurrents du site est un symbole « ramifié » que l'on retrouve également sur les sites de Sodo, et sur les monolithes phalloïdes du Sidamo, plus au sud. Il semble que l'être humain soit souvent le centre de la représentation, lorsque le monument n'est pas lui-même anthropomorphe. On distingue ainsi selon Francis Anfray : « des stèles anthropomorphes, des stèles à épées, des stèles à figuration composite, des stèles au masque, des monolithes phalloïdes, des pierres hémisphériques ou coniques, des stèles simples sans nulle figuration ». On sait que la plus grande partie de ces mégalithes ont une signification funéraire, vraisemblablement érigés par un peuple d'agriculteurs.

Les explorateurs étrangers connaissent ces monuments depuis la fin du XIXe siècle. Les Éthiopiens musulmans et chrétiens ignorent aujourd'hui leur origine. Ces stèles n'ont pas encore pu être datées avec précision : alors que les archéologues Azaïs et Chambard, découvreurs du site, ainsi que par la suite Jean Leclant, proposent l'origine d'un culte néolithique par les ancêtres des Égyptiens, une autre équipe d'archéologues français propose une datation entre le XIe et le XIIIe siècle, l'UNESCO ne proposant pas de datation officielle. Le symbolisme élaboré des stèles n'a pas non plus reçu d’explication à ce jour.

Le champ de stèle de Tiya est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO et a fait l'objet récemment d'une restauration intégrale.

10 000 à 500 avant J.C. : Éthiopie - L'Antiquité éthiopienne - Les sources égyptiennes : Le Royaume de D'm't

Des recherches menées dans la région d'Axoum montrent que la région est occupée par une population de l'âge de pierre depuis environ 10 000 av. J.-C. Dans le Ier millénaire av. J.-C. un type d'agriculture proche de celui encore pratiqué dans certaines régions du Tigré apparait53. On note à cet égard le site de Kidane Meret, découvert en 1994-1996, dans le nord d'Axoum, qui montre que ceux-ci vivaient dans des bâtiments de forme rectangulaire bien avant l'époque de l'émergence d'Aksoum.

Vers 800-700 av. J.-C. le site semble avoir attiré des populations sudarabiques qui s'établissent dans quelques zones de fertilité et qui ont au moins une signification religieuse. Parmi ceux-ci le site le plus connu est celui de Yeha, à l'est d'Axoum. Le type de relation entre populations est mal connu, le site de Kidane Meret montre en particulier que des populations pratiquant l'agriculture sans connexion avec les pratiques sud-arabiques partageaient la même zone géographique.

Une forme de centralisation politique apparait vers le Ve siècle av. J.-C. sous le nom de D'mt (Damaat). Celle-ci incorpore des éléments de langue sudarabique, avec un type d'agriculture et de technologie local, combinant pratique du commerce et de l'agriculture. La transition de D'mt au royaume d'Aksoum reste encore aujourd'hui assez peu comprise.

Sur la période qui va du premier millénaire avant l'ère commune jusqu'au milieu du premier millénaire après, des relations suivies entre les deux rives de la mer Rouge sont visibles dans les constructions de cette époque. Elles ont fait l'objet d'une publication en 2015.

10 000 Av. J.C.: Gabon - Des haches et des pointes de flèches datant de l'âge de pierre, environ 10 000 ans avant notre ère, ont également été trouvées dans le Moyen-Ogooué et dans le sud. Des dessins gravés sur roche près du cap Lopez ont été datés de plus de 8 000 ans. Des traces d'activités humaines de l'âge du fer montrent la continuité du peuplement de la zone.

10 000 à 2000 avant J.C. : Libye - Les restes momifiés d'un jeune enfant négroïde, daté d'il y a 5.500 ans, ont par ailleurs été retrouvés dans le Tadrart Acacus.

Néolithique :

De 10 000 à 8 000 ans, apparition de la culture des céréales dans le croissant fertile englobant le Nil. Premiers centres de civilisation primitive, Merimde, Maadi, Fayoum, Tasa, Badari, Nagada. Maisons à angles droits, d'abord en roseaux recouverts d'argile, puis en pisé et enfin en brique séchée. Comme à la période précédente, il n'existe aucune différence notable de civilisation et de peuplement entre la Libye, l'ensemble du Maghreb et l'Égypte. Ce sont les descendants des Caspiens.

De 10 000 ou 8 000 ans, apparition en Tunisie, Libye, Palestine, Égypte d'une culture méditerranoïde dite Capsien caractérisée par des petites lames en forme de demi-lune. Culture des « bifaces » et civilisation de la « pierre éclatée » dans tout le Maghreb.

De 7 000 à 9 000 ans, culture au Maghreb dite « Iberomaurusien » qui disparut il y a dix mille ans sans laisser de descendance (d'après certains chercheurs il n'y aurait aucun rapport entre ce cro-magnoïde venu de la péninsule ibérique et les Guanches des îles Canaries. Il aurait donc disparu sans laisser de descendance).

De 6 000 à 4 000 ans dans le Sahara, c'est la période des chasseurs ou du Bubale.

De 4 000 à 1 500 ans, arrivée de pasteurs indo-européens venus d'Asie Mineure. Poursuite de la civilisation des Capsiens (petits groupes de chasseurs négroïdes à la pierre polie, semi-nomades, javelots, massues, sagaies, flèches, harpons, emploi d'ocre comme colorant, usage de meule pour écraser les produits de la cueillette, art de coudre les peaux, de travailler l'os avec des grattoirs, de tresser, puis la poterie font leur apparition). Commerce intensif de l'ambre et de l'étain entre l'Europe, la Méditerranée, l'Asie Mineure, le Proche-Orient, par terre ou par mer. Sur le plan stylistique, c'est la grande période des pasteurs de bœuf, histoire du Bos Taurus qui verra les roches du Sahara se couvrir de peintures rupestres, peintures rupestres du Sahara - Tassili-n-Ajjer, Adrar des Iforas, Aïr, Ahnet, Ahaggar, identique à Ouenat (Nubie)- variété des types humains ; négroïdes, leucodermes et mixtes.

Le pasteur de la fin de l'âge de pierre domestique le bétail, chèvres, moutons, pratique la cueillette de graminées sauvages, et commence tout juste la culture de parcelles au bord du Nil. L'habitat dans le désert est troglodytique ou sous des huttes faites de branchages, tandis que près des fleuves et vers l'Égypte les habitations sont faites en briques et en argile. Sur le plan spirituel c'est la poursuite de la mystique pastorale, commune à tous les peuples pasteurs, entamée en Asie Mineure et présente en Afrique d'une manière similaire chez tous les groupes berbères et une « religion du Bœuf » commune à toute la Méditerranée. Mais c'est là, dans le désert encore vert que va se forger l'ethnogenèse berbère.

À l'est de la future Libye, dès 3 000 av. J.C. alors que le delta n'est encore qu'un marigot émergeant tout juste de la mer, commence une toute nouvelle civilisation : la civilisation égyptienne. Des inscriptions égyptiennes datant du IIIe millénaire av. J.-C. ont été trouvées sur ce que les archéologues appellent la piste d'Abou Ballas reliant le jebel Uweinat et la zone de Gilf al-Kabir à l'oasis d'Ad-Dakhla. Cette Égypte pharaonique qui apparaît tisse des liens à travers le sud de la Libye vers l'Afrique.

Peu à peu, Égypte et Libye vont affirmer leurs identités respectives. L'Égypte va se tourner vers l'Orient, la Libye va se tourner vers sa seule voie d'expansion possible, la mer Méditerranée, dont elle reçoit régulièrement, par bateaux, la visite de peuples maritimes, en particulier des civilisations égéenne et phénicienne. De fait, dès le Néolithique, la plupart des habitants de la Libye habitent le front de mer, tandis que l'interland en voie de désertification dès le IIe millénaire av. J.-C. constitue un repli pour des groupes épars, réunis en chefferies et en communautés de pâtres.

Vers -1500 ans, période du cheval, s'étendant jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne. On observe l'apparition de petites aristocraties locales suffisamment puissantes et influentes pour nouer alliance avec les peuples belliqueux de Méditerranée, l'arrivée de populations venues du nord de l'Europe, de Colchide (ancienne Géorgie), d'Asie Mineure, du Proche-Orient et d'Iran. Des chars attelés font leur apparition, de facture identique à ceux de la Grèce antique (tombes à fosses du cercle A de Mycènes, stèle du Péloponnèse représentant des chars identiques ; décors à base de cercles, spirales et courbes enlacés prisés de longue date par les Egéens). Sont aussi présentes des armures et des lances à armature métallique, arme de prédilection des pasteurs de bovins du Sahara méridional.

Au nord, des affrontements contre l'Égypte se poursuivront jusqu'à la romanisation du Maghreb (~Ve siècle av. J.-C.). Peu à peu les tribus libyennes du sud vont être repoussées vers le Sahel et ce pour deux raisons très simples : la désertification du Sahara commencée au IIe millénaire avant notre ère et l'entretien d'une cavalerie sensible aux écarts de températures et aux épizooties. Moutons et chèvres sont gardés sur les côtes (désert de Syrte ; Cyrénaïque), sur les monts de la chaîne libyque. Le désert Libyque est traversé par des bouviers.

10 000 Av. notre ère : Mauritanie - On a retrouvé de très nombreux monuments néolithiques en Mauritanie. Ils sont peu spectaculaires mais donnent une idée des rites funéraires et peut-être sur une religion de l’homme du néolithique Mauritanien. Un problème est de les dater: comme l'écrit R.Vernet beaucoup sont en fait protohistoriques ou préislamiques. Comme on n’a généralement trouvé qu’un maigre matériel lithique en situation, la datation est difficile.

Ces monuments sont le plus souvent de facture très simple. Les plus complexes sont les alignements de pierre, en trois rangées, que l’on rencontre à plusieurs reprises en bordure de l’Aouker. Il existe aussi un certain nombre de pierres dressées. Cependant les monuments les plus nombreux et les plus facilement identifiables sont les tombes. Les types sont très variés, du simple tas de cailloux à la forme la plus élaborée, signe probable de la qualité sociale du défunt.

Le tumulus est fréquent, parfois assez perfectionné, comme à Lembetet el Kbir, près d’Akjoujt, où N. Lambert en a fouillé un d’un diamètre extérieur de 4,70 m et d’une hauteur de 1,20 m. Mais celui-ci est peut-être trop récent pour être néolithique, car il est possible qu’il soit en rapport avec les mineurs de cuivre protohistoriques.

Les formes les plus élaborées sont le chouchet et la barkhane. Le premier est un monument funéraire cylindrique, haut de deux à trois mètres et d’un diamètre de trois à cinq mètres. Le second tire son nom de la dune en forme de croissant. L’ouverture des branches peut atteindre cinquante mètres. La barkhane est artificiellement levée avec du matériel lithique mêlé de terre. Là encore, les seuls cas étudiés sont ceux de Lembetet el Kbir, qui semblent assez représentatifs malgré leur âge tardif.

Concernant les possibles axes commerciaux, une hypothèse formulée en 1947 par R. Mauny, admet que les gravures et peintures rupestres de chars et chariots trouvés au Sahara s’échelonnent selon des directions privilégiées, généralement selon des axes Nord-Sud. On connait aujourd’hui environ 450 représentations de chars, dont la plupart sont récentes, de la période traditionnellement appelée « libyco-berbère », c’est-à-dire du dernier millénaire avant J. C. Ces chars à deux roues, tirés en général par des chevaux (par des bœufs avec parfois quatre roues dans l’Aouker, où leur origine est méridionale) sont arrivés dans le Sahara avec de nouvelles populations, nomades, venues d’Afrique du Nord, les Berbères. Les chars sont donc le symptôme d’un changement ethnique dans le Sahara vers la fin du Néolithique. Ils correspondent à la poussée vers le sud, à la faveur de l’assèchement du climat, de nomades guerriers, au détriment de populations africaines refluant vers le sud — comme le montre la fortification des derniers villages de l’Aouker, fort médiocres par rapport aux sites anciens.

Par exemple, une de ces « routes de chars » traverse le Sahara occidental de Bir Moghrein à Nema et jusqu’au Niger. On a retrouvé des rupestres le long d’un « axe » allant de Bir Moghrein à Atar, d’Atar à Tidjikja, puis Tichitt, Oualata, Néma et le Niger — avec une « bretelle » sur le centre de l’Aouker. Cette « route » suit un tracé « facile » en longeant le pied d'une falaise.

Le char et le cheval sont donc apparus à peu près en même temps dans le Sahara, venus de Méditerranée orientale avec diverses invasions; atteignant d’abord la Cyrénaïque, dans la deuxième moitié du deuxième millénaire avant J. C. Les habitants de la région, « libyco-berbères » ou « garamantes » antiques, diffusèrent ensuite le char léger (aussi appelé « au galop volant ») dans tout le Sahara en le conquérant, grâce en particulier au cheval et aux armes de fer. Il s’agit donc de la dernière migration ethnique qu’ait connu le Sahara avant les Arabes — les nomades berbères, guerriers Garamantes (à l’Est) et Gétules (à l’Ouest), remplaçant les éleveurs noirs qui se replièrent vers le sud, vers les zones plus humides du Tchad, du Niger et du Sénégal, où ils firent paître leurs troupeaux et pratiquèrent l’agriculture.

L'une des plus anciennes culture archéologiques identifiables sur le territoire de la Mauritanie actuelle est la Culture de Foum Arguin. Cette culture épipaléolithique est encore mal cernée, tant sur le plan spatial que chronologique, mais elle occupe vraisemblablement vers 7000 av notre un espace considérable sur la côte entre Tarfaya et le cap Juby, au Maroc, et le cap Timiris et le sud du Tijirtit. Vers l'intérieur, elle atteint la région de Zouérate. La Culture de Foum Arguin est caractérisée essentiellement par son industrie lithique particulière. Des liens avec l'Atérien sont supposés mais incertains. Elle est suivie par la Culture dite de Tintan, une culture néolithique avec laquelle elle semble n'avoir également que peu de liens.

10 000 Av. notre ère : Mauritanie - Paléoclimat

Nouveau changement vers 10 000 avant notre ère: les pluies redeviennent régulières (400 à 600 mm par an) et le réseau hydrographique est fonctionnel. Les grands oueds atteignent la mer et de grands lacs réapparaissent. Le climat est Sahélo-Soudanien. La flore se présente sous la forme d’une steppe arborée (hêtres, aulnes, tilleuls et même, en montagne, cèdres). La faune est celle des périodes humides précédentes.

Grâce à ces pluies saisonnières et à l’alimentation régulière des nappes phréatiques, la vie est donc aisée dans ce « Sahara des Tchads » où se perfectionnent peu à peu les techniques paléolithiques avant que n’apparaissent, probablement à la suite d’une rupture climatique, au cinquième millénaire avant J.C. — peut-être même avant — le Néolithique.

Le Néolithique commence par un optimum climatique, mais il s’achève par un désastre écologique, peu avant l’ère chrétienne. Il débute par une nouvelle humification du climat — mais bien médiocre comparée aux phases précédentes. Ce n’est pas un milieu luxuriant: l’hippopotame disparaît au cours de la période, sauf dans le sud mauritanien. Les espèces végétales méditerranéenne (chêne vert, pin d'Alep, olivier, cyprès, vigne etc.) migrent vers les montagnes. La savane arborée domine le paysage à cette période.

9 000 Av J.C. : Archipel des Comores - L'archipel des Comores, d'origine volcanique, est vieux de 9 millions d'années : l'île la plus ancienne (et la plus érodée) est Mayotte, et la plus récente est la Grande Comores, qui possède encore un volcan actif susceptible de l'agrandir. L'archipel ne semble pas avoir connu de présence humaine avant le Moyen Âge, les mammifères en étant probablement absents à l'exception des roussettes.

 

9 000 Av J.C. 6000 Av notre ère : Égypte - L’histoire de l'Égypte est d'abord marquée par les témoignages inestimables légués par l'Égypte antique, qui ont fasciné dès l'Antiquité. Elle est aussi particulièrement marquante en dehors de l'Égypte, chez les Juifs, en Afrique noire, dans le monde hellénistique, chez les Arabes et dans l'Islam, et en Europe. Après la période ptolémaïque, l'Égypte n'est plus, durant plusieurs siècles, qu'une province des empires plus vastes que sont l'Empire romain, l'Empire byzantin, l'Empire sassanide, l'Empire arabe puis l'Empire ottoman. Elle ne retrouve une certaine autonomie qu'au XIXe siècle et son indépendance en 1922. Après des régimes autoritaires, elle connaît une démocratisation difficile avec la révolution de 2011. Écrire l'histoire ancienne est encore relativement difficile tant la documentation est fragmentaire et lacunaire. En particulier, les dates de changement d'ère données ci-dessous ne peuvent être qu'approximatives, car les avis divergent sur ce sujet.

La préhistoire de l'Égypte est celle des civilisations nigéro-nilo-sahariennes dont témoigne l'art rupestre du Sahara. La période de 9000 à 6000 avant JC a laissé très peu de preuves archéologiques.

Les premières structures de type néolithique, datées du VIe millénaire avant notre ère, apparaissent dans le Fayoum. Au début du Ve millénaire, des habitats structurés naissent près du delta du Nil, comme le site de Mérimdé Beni Salamé, avec de la culture, notamment de blé et d'orge et de l'élevage de bovins, d'ovins et de porcs Des études basées sur des données morphologiques, génétiques et archéologiques ont attribué ces colonies à des migrants du Croissant fertile au Proche-Orient apportant l'agriculture dans la région.

Lorsqu'il y a cinquante siècles, le climat saharien a commencé à transformer en désert ce qui avait été une fertile savane parsemée de lacs, de fleuves et de forêts d'acacia. Des éleveurs de bétail et cultivateurs de mil y vivaient. Ils connaissaient déjà le cheval et le char de combat et se sont concentrés dans la vallée du Nil restée fertile, où l'augmentation de la densité des populations et des échanges a favorisé l'émergence d'une civilisation complexe et hiérarchisée.

Le sud de la vallée du Nil reste marqué plus longtemps par le nomadisme, sans exclure des formes d'élevage. La sédentarisation intervient vers 4400 avant notre ère, avec la culture dite de Badari caractérisé par un artisanat riche et varié, la pratique de l'agriculture et des séries de nécropoles élaborées. Ces groupes devaient être en relation avec le Sinaï et le Soudan. Cette période appelée « prédynastique » s'étend environ de 5000 à 3000 avant notre ère.

 

9 000 Av J.C. - Oubangui-Chari Centrafrique - Des pierres taillées datant au moins du IXe millénaire avant notre ère ont été retrouvées au cours de fouilles effectuées en République centrafricaine. Toutefois, l’absence de restes humains associés empêche l’attribution de ces outils à une population précise (pygmées ou autre peuple autochtone). Par la suite, la transition du paléolithique vers le néolithique dans la région fut un processus graduel sans rupture culturelle brutale.

9 000 à 5 000 avant notre ère : Maroc - Ces populations se maintiennent jusque vers 9 000 ans av. J.-C. puis elles vont être éliminées ou absorbées par l'arrivée des premiers ancêtres des populations berbères actuelles : les capsiens (nom issu de la ville antique de Capsa, aujourd'hui Gafsa) arrivent de l'est (comme le montrent les études linguistiques, qui classent dans la même famille l'égyptien et le berbère). Les études de l'ADNa ont en outre révélé que les Nord-Africains du début du néolithique (vers - 7000 AP) trouvent leurs ancêtres dans ces groupes paléolithiques d'Afrique du Nord, tandis que les groupes du néolithique tardif (il y a 5 000 ans) contiennent une composante ibérique, suggérant un flux de gènes par Gibraltar. Ces signaux différents entre les individus du Néolithique ancien et ceux du Néolithique tardif indiquent que la propagation des pratiques agricoles en Afrique du Nord a impliqué à la fois une diffusion culturelle et démique depuis l'Europe7. Les similitudes culturelles et génétiques entre les traditions ibériques et néolithiques nord-africaines renforcent encore le modèle de migration ibérique vers le Maghreb.

Des sites néolithiques, montrant l'apparition d'une sédentarisation et la naissance de l'agriculture sont découverts près de Skhirat (Nécropole de Rouazi-Skhirat) et de Tétouan (grottes de Kaf Taht el Ghar et de Ghar Kahal).

9 000 à 200 Av. notre ère : Nigéria - D'autres recherches archéologiques témoignent également d’un peuplement du sud-ouest du Nigeria

9000 av. J.-C., (et peut-être encore plus tôt) à Okigwe, dans le sud-est du pays. Les éleveurs du IVe millénaire av. J.-C. pratiquent la céramique et la microlithique. Au sud, les populations de chasseurs-cueilleurs se sédentarisent et commencent à vivre de l’agriculture autour du Ier millénaire av. J.-C. Le travail du fer est attesté au IIe siècle av. J.-C..

La première civilisation connue au Nigeria est la civilisation nok, apparue environ 1000 av. J.-C. sur le plateau de Jos, au nord-est du pays.

Le commerce fut la source de l’émergence de communautés organisées au nord du pays, recouvert par la savane. Les habitants préhistoriques de la lisière du désert s’étaient trouvés largement dispersés au IVe millénaire av. J.-C., lorsque la dessiccation du Sahara commença. Des routes commerciales transsahariennes reliaient l’ouest du Soudan à la Méditerranée depuis l’époque de Carthage, et au Nil supérieur depuis des temps bien plus reculés. Ces voies de communication et d’échanges culturels subsistèrent jusqu’à la fin du XIXe siècle. C’est par ces mêmes routes que l’islam se répandit en Afrique de l'Ouest à partir du IXe siècle.

8 000 Av J.C. : Algérie - Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le Nord-Est de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'à il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le Nord.

Dans le Sud, au Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riches. Les êtres humains de cette période ont gravé et peint les parois de leurs abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

Les Aurès comprennent plusieurs sites datant de l'ère préhistorique à la période protohistorique. Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des Aurès, puisque de nombreuses grottes troglodytes étaient habitées par des Hommes à Maafa, Takarbourst dans les Aurès et Ghoufi.

8 000 à 3 000 Av J.C. : Cameroun - Les premiers habitants du Cameroun furent probablement des populations proches des Baka et des Akas, traditionnellement appelés pygmées. Ils habitent toujours les forêts des régions du sud et de l'est. L'analyse des ossements de quatre enfants enterrés il y a 3000 et 8000 ans sur le célèbre site archéologique de Shum Laka a confirmé que ceux-ci ont pour plus proches parents ces groupes de chasseurs-cueilleurs qui vivent aujourd'hui à au moins 500 kilomètres dans les forêts tropicales de l'ouest de l'Afrique centrale

8 000 à 3 000 Av J.C. : Madagascar - Les découvertes archéologiques permettent d'envisager une première présence de l'espèce humaine à Madagascar il y a environ 8 000 ans. Compte tenu de l'histoire du peuplement africain, il est possible que ces premières populations aient été apparentées aux actuels khoïsan mais du point de vue génétique et linguistique, rien ne prouve qu'elles se soient maintenues et qu'elle aient contribué au peuplement ultérieur de l'île.

En revanche, les études génétiques, linguistiques et historiques indiquent de manière concordante qu'une partie du peuplement malgache est d'origine austronésienne, (îles de la Sonde) et une autre partie d'origine africaine.

Linguistiquement, le lexique du malgache est composé de 90 % de vocabulaire austronésien. La langue malgache est issue du proto-austronésien, appartenant à la branche proto-malayo-polynésienne (proto-MP) et à la sous-branche proto-Sud-Est barito (proto-SEB) qui partage ces mêmes bases anciennes communes avec les langues dayak actuelles du groupe barito de Bornéo Sud telles que le ma'anyan, dusun deyah, dusun malang, dusun witu et paku actuels.

Une partie du fonds culturel malgache est de type austronésien : coutumes anciennes (comme celle d'ensevelir les défunts dans une pirogue que l'on coule dans la mer ou dans un lac), agriculture sur brûlis (culture du taro-saonjo, de la banane, de la noix de coco et de la canne à sucre), architecture traditionnelle en matériaux végétaux, maisons à base carrée ou rectangulaire sur pilotis), musique (instruments comme la conque marine antsiva, le tambour de cérémonie hazolahy, le xylophone atranatrana, la flûte sodina ou encore la valiha) et danse (notamment la « danse des oiseaux » que l'on retrouve à la fois au centre et dans le Sud)

Selon les études génétiques récentes, « les populations Malgaches montrent un mélange génétique d'environ 68% d'ascendance Africaine et 32% d'ascendance Asiatique ». Toutefois les origines exactes des apports sont encore floues. Un « motif polynésien »  commun et unique au monde a été décelé au sein de différentes ethnies malgaches distantes géographiquement et endogames historiquement tels que les Vezo et les Andriana Merina (cette altération du « motif polynésien » d'origine, commune et propre aux Malgaches, a été baptisée « motif malgache » par les chercheurs en génétique).

Sur le plan morphologique les apports du Sud-Est asiatique pourraient être à l'origine des caractéristiques xanthodermes communes à la majorité de la population de l'île, décrite en 1940 par le professeur Nirinjanahary14, et du pli épicanthique de la paupière supérieure qui « bride » les yeux de nombreux Malgaches des côtes ou des hauts plateaux, et dont la peau peut être claire, sombre ou cuivrée.

Les Vazimba :

Au tout début du peuplement austronésien, appelé « période paléomalgache », les arrivants Vahoaka Ntaolo (du proto-Malayo-Polynésien (PMP) *va-waka = « embarcation », proche du mot malgache vahoaka = « peuple », et Ntaolo du proto-austronésien *tau - ulu - « les hommes premiers », « les anciens », de *tau-hommes et ulu- tête, premier, origine, (début se subdivisèrent, selon leurs stratégies de subsistance, en deux grands groupes : le nom Vazimbas (Vaγimba, de *ba/va-yimba- « ceux de la forêt », de *yimba-"forêt" en proto-barito du Sud-Est, aujourd'hui barimba ou orang rimba en malais) désigna alors ceux qui s'installèrent dans les forêts de l'intérieur et le nom Vezo (de *ba/va/be/ve-jau, « ceux de la côte » en proto-malayo-javanais, aujourd'hui veju en bugis et bejau en malais, bajo en javanais) ceux qui choisirent le littoral.

Le qualificatif Vazimba désignait donc à cette période les Ntaolo chasseurs-cueilleurs austronésiens, qui décidèrent de s'établir dans la forêt, notamment dans les forêts des hauts plateaux centraux de la grande île et celles de la côte Est et Sud-Estnote , tandis que les Vezo étaient les Ntaolo pêcheurs qui restèrent sur les côtes de l'Ouest et du Sud (probablement les côtes du premier débarquement).

Les anciennes traditions orales malgaches relatent que les Vazimbas chasseurs-cueilleurs seraient les premiers habitants de l'île. Le mot austronésien vazimba désignant les « habitants de la forêt » d'une manière générale (y compris les Austronésiens eux-mêmes) il n'est pas à exclure que d'autres humains vazimba aborigènes aient habité dans les forêts de Madagascar avant l'arrivée des vazimba austronésiens, ce qui pourrait expliquer le mythe des « vazimba nains » que les vahoaka ntaolo austronésiens auraient rencontrés et assimilés (ou peut-être décimés) à leur arrivée au Ier millénaire avant notre ère. Les hypothèses ont foisonné à ce sujet : descendants de premiers habitants préhistoriques de type khoïsan ou mélanodermes insulaires de petite taille, aucune n'a pu être confirmée par la phénologie, la génétique ou l'ethnologie comparées1,2 et par ailleurs, le mythe des « vazimba nains » a aussi pu être amené par les Austronésiens à partir des îles de la Sonde d'où ils sont venus, et où des populations de type « négrito » (orang asli en malais) ont effectivement existé20. Du point de vue des phénotypes, si les populations des hautes terres (Merina, Betsileo, Bezanozano, Sihanaka), plus endogames, présentent des phénotypes majoritairement austronésiens (mongoloides sondadontes), on remarque aussi parfois les phénotypes australoïde et negrito partout à Madagascar (différents du phénotype est-africain bantou et caractérisés par de petites tailles) mais rien ne prouve qu'ils soient aborigènes car ils existent aussi en Insulinde.

8 000 avant notre ère : Malawi - Des restes humains retrouvés sur un site daté de 8000 av. J.-C. présentent des caractéristiques physiques similaires aux personnes peuplant actuellement la corne de l'Afrique.

8 000 à 3 000 Av J.C. : Soudan - Les fouilles archéologiques menées sur le Nil en amont d'Assouan ont confirmé l'occupation humaine de la vallée dès le paléolithique, il y a plus de 60 000 ans, principalement vers Khashm El Girba et Khor Musa, avant 8000 avant notre ère, mais aussi Affad 23 (en) et Djebel Sahaba.

Au VIIIe millénaire av. J.-C., des peuples mésolithiques (8000-5000), puis néolithiques (4900-3300) s'y sont sédentarisés dans des villages fortifiés en briques, pratiquant l'agriculture et l'élevage : Ad-Damir, Abu Darbein, Wadi Howar, Shaqadud, puis Kadero, esh-Shaheinab, Kadruka, Kerma.

Les sociétés prédynastiques de Nubie et de Haute-Égypte étaient ethniquement et culturellement très proches, et ont évolué parallèlement vers des royaumes pharaoniques vers -3300, au néolithique. La Basse-Nubie semble ensuite s'être vidée de sa population dans le cadre d'un processus forcé d'égyptianisation et d'unification de la vallée du Nil par les royaumes établis au nord.

Le site rupestre de Geddi-Sabu reste une exception.

7 500 avant J.C. : Algérie - Le Paléolithique supérieur révèle des restes de la culture de l'Atérien et de celle de l'Ibéromaurusien. L'Atérien a été défini à partir de vestiges mis au jour dans le site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa. Il s'étend jusqu'à la révolution néolithique vers 7 500 av. J.-C. L'Homme de Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo sapiens archaïques aient produit les outils atériens.

L'Atérien disparaît vers 7 500 av. J.-C., lors de la révolution néolithique. Avec cette révolution apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leur nourriture grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouche sur la civilisation capésienne. Cette culture aussi appelée « protoméditerranéenne » a laissé des traces impressionnantes de dessins sur œufs d'autruches et céramiques, mais aussi de gravures rupestres et de monuments funéraires dont la tradition s’étendra jusqu'à la Protohistoire et l'Antiquité. On suppose que les Capésiens sont venus d’Orient, avec d’autres vagues humaines qui les suivront et seraient à l'origine d'un substrat proto-berbère, refoulant plus vers l’ouest et le sud ou assimilant les communautés humaines préexistantes.

Les Capésien furent les premiers au Maghreb à domestiquer les ovicapridés et les bovidés. Ils se caractérisent par la présence sur leurs lieux d’habitat d'escargotières (ramadiyate), un mélange de cendres et de résidus alimentaires dont des coquilles d'escargots.

Durant le néolithique, l'art se diversifie et s'affine dans les gravures rupestres de l'Atlas saharien, mais parfois aussi plus au nord. Dans l'extrême Sud-Est saharien, au Tassili n'Ajjer, au climat humide, contrairement au climat désertique de nos jours, on atteste sur les céramiques modelées, des hommes de type négroïde. Des gravures rupestres, représentent, souvent en grandes dimensions, des bubales ou autres animaux de la faune africaine, et également des ânes sauvages, des chèvres, des gazelles et des poissons.

Au néolithique moyen, les représentations de troupeaux se font plus fréquentes et la croyance en une voie initiatique scandée par deux temps, le solaire et le lunaire apparaît. Au Tassili, l'art se fait narratif. Dans les mises en scène d'êtres humains, apparaissent des populations blanches, venues vraisemblablement d'Orient.

Le néolithique final marque la fin de la préhistoire. Les représentations animalières continuent à mettre en scène la faune africaine, mais l'éléphant et l'hippopotame ont disparu, signe d'un climat devenu plus sec. Des animaux domestiques apparaissent, comme notamment le chien et le cheval. Au même moment, et dans la même aire saharienne, commencent à apparaître les caractères dits libyques.

La langue Capésienne est reconnue par la linguistique historique comme étant l'ancêtre des langues berbères en Afrique du Nord ; par ailleurs, la décoration des poteries capésiennes présente de grandes similarités avec celle des poteries berbères plus récentes. On sait peu de choses de la religion des Capésien. Toutefois, les pratiques funéraires (monticules de pierres et peintures figuratives) suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort.

 

5 800 à 2 500 av. J.C. : Afrique République de Djibouti - La zone de Djibouti est habitée depuis au moins le Néolithique. Selon certains linguistes, les premières populations afro-asiatiques sont arrivées dans la région durant cette période à partir de l'urheimat proposé par la famille (« patrie originelle ») dans la vallée du Nil ou le Proche-Orient, tandis que d'autres chercheurs proposent que la famille afro-asiatique se développe in situ dans la Corne, et que ses locuteurs se dispersent par la suite.

Avec la Somalie, et le sud de l'Érythrée, l'actuel territoire djiboutien fait peut-être partie de l'ancien territoire appelé Pays de Pount (ou Ta Netjeru, signifiant « la Terre de Dieu ») par les anciens Égyptiens, dont la première mention remonte au XXVe siècle av. J.-C.

La région aurait été un des habitats du peuple Harla, aujourd'hui éteint.

5 800 à 2 500 av. J.C. : Guinée-Bissau - Le territoire où se situe l'actuelle Guinée-Bissau (Guinée-Bissao, Guinée) est occupé dès le néolithique. Jusqu'à la fin du premier millénaire divers groupes arrivent, s'intègrent et créent peu à peu des petites nations féodales, aux organisations politiques variées, qui échangent constamment et se mêlent (par conflit, par mariage surtout, par commerce, par aventure, etc.).

5 000 Av. J.C. : Éthiopie - Le métissage entre les populations locales et les groupes migrants Sabéens donna naissance à une nouvelle culture dite « pré-aksoumite ». Cette culture se constitua, au Ve siècle av. J.-C., en un état appelé royaume D'mt. Cette période est caractérisée par l'effacement progressif des liens avec l'Arabie du Sud, bien que D'mt conserve les éléments culturels apportés par les Sabéens. L'alphabet sudarabique apporté par ces derniers donna ainsi naissance à l'alphasyllabaire guèze durant cette période.

Après la chute du royaume de D'mt au Ve siècle av. J.-C., divers royaumes ont dominé la région jusqu'à l'émergence, au Ier siècle av. J.-C., du royaume d'Aksoum, premier empire important de l'histoire éthiopienne.

5 000 à 1 000 Av. J.C.: Gabon - Les Pygmées actuels, qui seraient issus de ce peuplement, sont les premiers habitants connus de ce qui est actuellement le Gabon. Chasseurs-cueilleurs, ils s'installent environ 5 000 ans avant notre ère. Une vague de peuplement bantoue leur succède. Les Bantous étant eux-mêmes partis il y a 5 000 ans de la zone sahélienne en voie d'assèchement, leur expansion vers le sud et l'est date d'environ 1 000 ou 2 000 ans avant notre ère. À la différence des Pygmées, les peuples bantous sont semi-sédentaires et pratiquent l'élevage ; ils maîtrisent aussi la métallurgie dès le Ier millénaire av. J.-C. Arrivés au Gabon, ils trouvent donc un peuplement pygmée sur place.

Vème siècle Av J.C. : Cameroun - D'après certains historiens, le carthaginois Hannon aurait atteint le mont Cameroun qu'il aurait baptisé le « char des Dieux ». D'autres historiens rejettent cette théorie arguant l'absence de trace de son passage au Cameroun et les conditions matérielles de l'époque qui n'auraient pas permis une expédition aussi éloignée de Carthage.

Vème siècle Av J.C. : Mali - Les premières traces de peuplement humain remontent au Ve millénaire av. J.-C., on trouve en effet des vestiges néolithiques du Sahara vert dans l'Adrar des Ifoghas.

5 000 Av notre ère : Égypte - À une époque nettement antérieure à 5000 avant J.-C., de nombreuses communautés de chasseurs-cueilleurs vivent sur les plateaux surplombant le Nil et dans les savanes qui s'étendent à l'est et à l'ouest. Quand la baisse des précipitations et celle, relative, des crues, en particulier après 4000, entraînent une désertification des terres occidentales, ces populations colonisent densément la vallée du Nil et ses abords immédiats. Néanmoins, la faune de ces plateaux, parmi laquelle des éléphants et des girafes, persiste jusqu'aux environs de 2300, avant de se replier définitivement vers le sud.

La vallée du Nil, qui présente des bassins d'irrigation naturels retenant les eaux de crue, est un emplacement idéal pour passer de l'économie mésolithique dotée d'un embryon d'agriculture à une économie fondée sur une agriculture sédentaire accompagnée d'élevage.

En Basse-Égypte, au sud du Delta, à Merimdeh et dans le Fayoum (5000-4000), les fouilles archéologiques montrent l'importance d'une société paysanne, dont les villages étaient construits en clayonnages de roseaux, et produisant une poterie monochrome parfois rehaussée de décors incisés ou appliqués.

Haute-Egypte

À la même période, en Haute-Égypte, le pouvoir paraît déjà beaucoup plus fort, centralisateur ; des phénomènes urbains apparaissent à Hiéraconpolis. Les trois époques successives de la culture de Nagada produisent une poterie très différente de celle du Nord – plus proche de celle de Khartoum, plus ancienne – et de superbes objets de pierre polie.

C'est à cette époque que des schémas historiques généraux se dessinent, avec l’émergence d'élites politiques asseyant leur pouvoir sur la prospérité de l'agriculture et sur le contrôle des matières précieuses, qui commencent à être exploitées par des techniques nouvelles.

Si les outils et les armes sont initialement en pierre ou en matériaux organiques, le cuivre et les métaux précieux acquièrent une importance croissante en Haute-Égypte et, plus tard, en Basse-Égypte. La culture de Nagada (milieu du IVe millénaire) voit la construction de bateaux de rivière plus grands et plus performants, et l'essor du commerce sur le Nil. Ces facteurs, parmi d'autres, favorisent l'apparition d'une élite dont les sépultures sont plus grandes et plus somptueuses que précédemment (on peut même reconnaître celles des chefs politiques provinciaux sur différents sites). Selon des traditions ultérieures, deux royaumes seraient apparus à la fin de l'époque prédynastique, la prééminence matérielle et politique de la Haute-Égypte étant plus nette.

Agriculture

La domestication du bétail en Afrique précède l’agriculture ; ainsi le bœuf est-il domestiqué depuis 7 500 à 6 000 ans av. J.-C. en Afrique du nord. Dans l'aire nilo-saharienne, de nombreux animaux sont domestiqués, dont l'âne. Elle se développe parallèlement aux cultures de chasseurs-cueilleurs. Les Khoïsan, qui furent la population la plus nombreuse dans l'histoire de l'humain moderne se divisent entre les chasseurs-cueilleurs San, appelés aussi « Bochimans » et les pasteurs Khoïkhoïs.

L'agriculture apparaît en plusieurs lieux selon un processus complexe vers 6000 av. J.-C. Il s'agit d'abord d'une adoption par l'Égypte de plantes venant du sud-ouest asiatique. L’Éthiopie (et la Corne de l'Afrique en général) se distingue nettement de ses voisines et entretient des contacts intermittents avec l’Eurasie après l’expansion de l’espèce humaine hors d’Afrique. La culture, la langue ainsi que les espèces cultivées en Éthiopie (café, sorgho, teff) sont particuliers à cette région. Vers 3000 av. J.-C., une migration majeure de populations d'agriculteurs venus du Proche-Orient a lieu en direction de l'Afrique. Cette implantation de nouvelles populations est notamment présente dans la corne de l'Afrique. Vers 2 000 ans av. J.-C., une agriculture autochtone se développe avec la domestication du mil, du riz africain, de l'igname et du sorgho.

4 000 avant J.C. : Éthiopie - L'Antiquité éthiopienne - sources grecques : Si les sources écrites de la période préaxoumite sont quasi inexistantes, les Grecs anciens font de nombreuses références aux Éthiopiens vivant au Sud de l’Égypte antique. Dans sa traduction littérale, le terme issu du grec ancien Αἰθιοπία / Aithiopía signifie « le pays des visages brûlés », de αἴθω / aíthô « brûler » et ὤψ / ốps, « visage », et désigne donc un ensemble plus vaste, il est par exemple également utilisé pour désigner la région de la haute vallée du Nil du sud de l'Égypte, également appelé Koush, qui au IVe siècle av. J.-C. est envahie par les Axoumites.

Le terme est issu de la légende de Phaéton tirée de la mythologie grecque, né de l'union d'Apollon et de Clymène, épouse de Mérops, roi des Éthiopiens. Dans sa folle course à travers le ciel sur le char de son père, celui-ci s'approcha trop près du sol terrestre. Les populations qui vivaient dans ces régions, près du royaume d'Océan Ὠκεανός / Ôkeanós, furent brûlées et marquées ainsi que leur descendance, ce qui expliquait leur teint foncé et leur dénomination.

On retrouve les Éthiopiens dans les mythes, le roman grec ainsi que chez leurs premiers historiens, comme Diodore de Sicile.

Ceux-ci sont notamment mentionnés dans l'Iliade (I, 423) d’Homère, dans l'Éthiopide, l'une des épopées du Cycle troyen, narrant les aventures du prince éthiopien Memnon, dans la Bibliothèque d’Apollodore, et dans les Métamorphoses d’Ovide, à travers Céphée et Cassiopée, roi et reine d’Éthiopie.

De nombreuses inscriptions grecques ont par ailleurs été retrouvées en Éthiopie essentiellement autour des villes d'Aksoum et Adoulis, principal port du royaume. Les premières pièces frappées à Axoum porteront par ailleurs des inscriptions grecques témoignant d’échanges commerciaux.

Le Périple de la mer Érythrée qui évoque pour la première fois le royaume d’Axoum mentionne par exemple que le roi Zoskales était versé dans la littérature grecque. Sur l'inscription d'Ezana, en guèze, sabéen et grec, le roi Ezana se décrit lui-même comme « fils de l'invincible dieu Arès ». Sur une stèle de basalte qui se dressait à l'arrière d'un trône de marbre placé à l'entrée de la ville d'Adoulis, on lisait notamment : « Je suis descendu à Adoulis pour offrir des sacrifices à Zeus, à Arès, et à Poséidon en faveur des marins. Puis, après avoir rassemblé mes armées pour n'en faire qu'une seule, j'ai campé en ce lieu et j'ai offert ce trône en ex-voto Arès, en l'an vingt-sept de mon règne. »

La correspondance entre le royaume d'Aksoum et le nom de l'Éthiopie moderne remonte à la première moitié du IVe siècle, où l'inscription de la stèle d'Ezana en Guèze, alphabet sud-arabique et grec, traduisait « Habashat » (la source du nom Abyssiniae) par Aethiopia en grec.

En 2001, une équipe de chercheurs des universités de Madrid et de Skopje, se basant sur des analyses génétiques du système d'antigènes HLA ont mis en évidence que « les populations grecques ont une forte proximité avec les populations sub-sahariennes éthiopiennes, qui les différencient des autres groupes méditerranéens ». Ils concluent que les liens unissant la Grèce antique et l'Éthiopie sont relativement anciens même si leur origine est mal déterminée.

4 000 avant J.C. : Ghana - Des fouilles archéologiques attestent que la côte de l'actuel Ghana est habitée dès le début de l'âge du bronze, vers -4000 par des peuples pratiquant la pêche dans les lagons et rivières. Le centre du pays, au nord de la zone forestière, a pu être colonisé entre le IIe et le Ier millénaire av. J.-C. par des hommes venus du bassin du Niger. Comme dans la plus grande partie de l'Afrique subsaharienne, l'agriculture s'y répand jusqu'à la fin du IVe siècle à partir de la frange sud du Sahara.

La période thinite (vers 3200-vers 2778 avant J.-C.) L'Égypte ancienne

Vers 3200 avant J.-C., Narmer, originaire de Hiéraconpolis, unifie les deux royaumes existant alors : celui de Haute-Égypte (capitale Hiéraconpolis ; divinité tutélaire : la déesse-vautour Nekhbet ; insigne : la couronne blanche) et celui de Basse-Égypte (capitale Bouto ; divinité tutélaire : la déesse-serpent Ouadjet ; insigne : la couronne rouge). Ceignant les deux couronnes (nommées en égyptien « les deux puissantes », en transcription grecque : le pschent), il est le premier des rois qui, durant 30 dynasties (selon le schéma traditionnel de source égyptienne, transmis par Manéthon) au cours de trois millénaires, vont administrer l'Égypte jusqu'en 333 avant J.-C., date de l'arrivée d'Alexandre de Macédoine. Narmer établit sa capitale à This (près d'Abydos), où règnent les rois des deux premières dynasties ; celles-ci sont connues grâce aux découvertes faites dans les nécropoles d'Abydos, de Saqqarah et d'Hélouân (en Basse-Égypte). Il est possible que Narmer ait jeté les fondations de la ville nouvelle de Memphis, à la pointe du Delta du Nil.

L'œuvre de ces premiers souverains, qui maintiennent fermement l'unité du royaume, semble importante : création d'une économie nouvelle (mise en valeur des terres par l'organisation d'une politique nationale d'irrigation, développement de l'agriculture et de l'élevage) ; établissement des principes de la nouvelle monarchie, unificatrice et d'essence divine ; mise en place des éléments de gestion politique (les rouages de l'administration centrale et ceux de l'administration provinciale étant « dans la main du roi », monarque tout-puissant).

Les pharaons des 1ère et 2ème dynasties sont les successeurs de Narmer. D'après certains spécialistes, des rois de la 1ère dynastie auraient été enterrés à Abydos, dans des fosses funéraires coiffées de structures analogues à des tumulus et assorties d'édifices cultuels ; cette architecture a sans doute annoncé les complexes pyramidaux postérieurs. Cette thèse confère au pharaon un statut à part dès l'origine. Or les sépultures royales de la 1ère dynastie, dans les environs de Saqqarah, sont de taille et d'architecture analogues à celles des autres élites. Ainsi a été établie la certitude que le statut royal est seulement en germe. On dispose de bien moins d'éléments sur les sépultures royales de la IIe dynastie ; il y en a deux à Abydos, auxquelles sont adjoints des complexes cultuels ; les autres se trouvent à Saqqarah.

3 600 à 2 600 Av J.C.  : Haute -Volta future Burkina Faso - La sédentarisation est apparue entre 3 600 et 2 600 avant l'ère chrétienne avec des agriculteurs, dont les traces des constructions ont laissé envisager une installation relativement pérenne. L'emploi du fer, de la céramique et de la pierre polie s'est développé entre 1 500 et 1 000 avant l'ère chrétienne, ainsi que l'apparition de préoccupations spirituelles, comme en témoignent les restes d'inhumation découverts. Des vestiges attribués aux Dogons ont été découverts dans la région du Centre-Nord, du Nord et du Nord-Ouest. Or ceux-ci ont quitté le secteur entre le XVe et le XVIe siècle pour s'installer dans la falaise de Bandiagara. Par ailleurs, des restes de murailles sont localisés dans le Sud-Ouest du Burkina Faso (ainsi qu'en Côte d'Ivoire), mais leurs constructeurs n'ont à ce jour pas pu être identifiés avec certitude. Les ruines de Loropéni, situées près des frontières de la Côte d'Ivoire et du Ghana, sont aujourd'hui reconnues site du Patrimoine mondial.

3500-2000 Av. J.C. : Zaïre  Congo Kinshasa - Le territoire de la république démocratique du Congo était anciennement peuplé uniquement par des chasseurs-collecteurs, peut-être en partie les ancêtres des peuples pygmées actuels. Entre les traces d'un préacheuléen et l'arrivée des premiers villageois, le Congo sera toujours occupé par des groupes nomades, chasseurs-collecteurs, tailleurs de pierre, de cultures différentes.

L'Acheuléen est attesté par de nombreuses découvertes isolées de bifaces et de hachereaux ainsi que par le site de La Kamoa au Katanga.

Durant le IIe millénaire av. J.-C., le nord de l'Afrique équatoriale vit une vague de migrations de populations productrices de nourriture, néolithiques, parlant pour certaines des langues bantoues. Entre –3500 et –2000, une première occupation villageoise dont l'épicentre se trouvait au sud-Cameroun, aboutit à l'installation d'un mode de production néolithique dans le nord et l'ouest de l'Afrique centrale. Au Congo, les premières traces de ces populations se matérialisent vers –2600 par la dite « tradition Imbonga » près de Mbandaka et du lac Tumba, et par la « tradition Ngovo » au bas-Congo à partir de –2300. De l'autre côté du pays, au Kivu, on voit apparaître des villages de la « tradition Urewe ». Ces villages ne sont que l'extension occidentale de communautés productrices de nourriture, métallurgistes, installées surtout en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, dans l'ouest du Kenya et de la Tanzanie ; les plus anciennes traces y sont datées de –2600.

3 000 à 2 065 Av notre ère : Égypte - Vers 3800 avant notre ère se développent deux cultures égyptiennes : l'une au nord, plus marquée par l'agriculture, représentée notamment par Maadi, l'autre au sud, dite de Nagada, avec un artisanat plus développé mais aussi une place plus grande de la chasse. À la fin du IVe millénaire, vers 3300 avant notre ère, les deux cultures se rapprochent : la fusion de la Haute et de la Basse-Égypte intervient au début de cette période dite thinite (2950 à 2650 avant notre ère), du nom du site de Thinis.

Les hiéroglyphes égyptiens sont inventés vers 3150 avant notre ère et constituent, avec la découverte du papyrus, les éléments de diffusion de la culture égyptienne. L'Égypte est unifiée sous la direction d'un monarque appelé plus tard pharaon, considéré comme d'essence divine au sein d'une mythologie qui naît à la même époque. Ce royaume de Haute et Basse-Égypte de l'Ancien Empire (2650 à 2152 avant notre ère) est administré en différentes provinces appelées nomes. Le pouvoir royal contrôle de près l'économie, notamment la terre et le commerce, et constitue autour de lui une aristocratie. L'époque est marquée par le développement de l'art égyptien, et notamment d'un art funéraire monumental représenté par les mastabas et les premières pyramides.

Cette période brillante est suivie de la Première Période intermédiaire (2152 à 2065 avant notre ère) qui voit l'unité de l'Égypte mise à mal par des crises dynastiques et le pouvoir des nomarques.

L'Ancien Empire Égyptien (2778-2420 avant J.-C., IIIe à VIe dynastie)

Il est convenu d’organiser la succession des pharaons en dynasties. L'Ancien Empire, qui couvre un peu plus d'un demi-millénaire, en compte quatre : de la IIIe dynastie, à partir de laquelle le pouvoir royal va fortement s'accroître, à la VIe dynastie, où il s'affaiblit.

3 000 Av notre ère : L'Afrique subsaharienne voit naître ses propres civilisations dans les zones de savanes. À compter de 3000 av. J.-C. l'expansion bantoue repousse les peuples Khoïsan.

Du côté de l'Afrique de l'Ouest, le Royaume Mossi se démarque par sa remarquable ténacité à résister à tous les envahisseurs. Venu du Ghana, ce royaume fixe le terreau de sa forteresse en plein milieu de l'Afrique l'Ouest.

3 000 Av J.C. - Oubangui-Chari Centrafrique - À partir du IIIe millénaire avant notre ère, l’établissement et l’expansion vigoureuse sur le sol centrafricain des populations parlant les langues du groupe Adamaoua-Oubangui s’opposent à l’expansion Bantou qui trouve alors un exutoire vers le Sud et l’Est du continent. Le noyau géographique originel des populations de langues Adamaoua-Oubangui serait tout proche car situé dans le massif de l’Adamaoua aux confins des actuels Cameroun, Nigeria, Tchad et République centrafricaine. De l’autre côté des contreforts occidentaux de l'Adamaoua (qui culmine à 3 400 m au Tchabal Mbabo dans les monts Gotel) était situé, sur la rivière Cross, le noyau originel des populations bantoues. Les deux groupes de populations vont connaître, au IIIe millénaire, une expansion simultanée à la suite de la domestication de l’igname et du palmier à huile.

L’implantation solide des populations de langues adamaoua-oubangiennes sur le territoire tiendrait à leur maîtrise des cultures agricoles aussi bien en zone de forêt sèche (apprises auprès des agriculteurs parlant les langues du groupe Soudan-Central) qu’en zone de forêt humide, une double compétence que n’avaient pas les Bantous à cette époque. La présence d’une agriculture en République centrafricaine est avérée à partir du milieu du IIe millénaire avant notre ère. Les populations de langues adamaoua-oubanguiennes achèvent leur implantation sur l’ensemble de l’actuelle République centrafricaine vers le début du Ier millénaire avant notre ère tandis que l’extension géographique maximale de ces populations est atteinte vers le début de l’ère chrétienne. Les habitants qui les avaient précédé (pygmées et soudanais centraux) sur le territoire de la Centrafrique actuelle sont alors soit assimilés soit marginalisés.

3 000 avant J.C. : Guinée - Il y a 3 000 ans la Guinée était habitée par une communauté de pêcheurs et d'agriculteurs. Les vallées verdoyantes du Fouta Djallon, les bassins fertiles du Haut Niger propices à la cueillette, à la chasse et à la pêche ont attiré les hommes.

L’arrivée des populations est due au dessèchement du Sahara, suivi de l’assèchement des fleuves, rivières et lacs. Les populations se déplacent vers les zones méridionales plus humides. Les territoires situés entre les fleuves Sénégal et Niger comme la Guinée deviennent des zones privilégiées de regroupement des communautés d’éleveurs et d’agriculteurs. Tandis que certains groupes se dirigèrent vers les vallées du Bafing et de la Falémé, d’autres se fixèrent dans le delta intérieur du Niger.

3 000 av. J.C. : Guinée-Bissau - Les peuples côtiers inventent il y a au moins 3000 ans la riziculture humide le long des fleuves, puis la riziculture sur mangrove. Les nations à l'intérieur des terres tissent un réseau commercial vers le Nord, le Sud et l'Est. Le royaume baïnouks, dont la partie Sud englobe une grande partie de ce territoire, en est le plus étendu et le plus ancien pays centralisé.

3 000 Av J.C. : Guinée-équatoriale - des vestiges, encore mal datés, illustrent autour de Bata et du Rio Muni la permanence de la présence de l'homme, nomade, tailleur de pierre et chasseur-cueilleur, jusqu'en 3 000 av. J.-C.

3 000 Av J.C. : Kenya - Les premiers habitants de ce qui est de nos jours le Kenya sont des chasseurs-cueilleurs, apparentés aux actuels locuteurs des langues khoïsan. Pour leur plus grande partie, ces communautés sont assimilées par les sociétés « productrices de nourriture » qui commencent à s'installer au Kenya à partir du IIIe millénaire av. J.-C.

Les données linguistiques indiquent un mouvement de populations, composées de locuteurs de langues couchitiques méridionales, qui entrent au Kenya vers le IIIe millénaire av. J.-C.

2 500 Av J.C. : Afrique du Sud - Il y a environ 2 500 ans, certains Bochimans acquièrent du bétail venu de régions plus au nord, ce qui change graduellement leur système économique ; de chasseurs-cueilleurs, ils se transforment progressivement en éleveurs. Cela introduit les notions de richesse personnelle et de propriété dans la société, solidifiant les structures et développant la politique;

À la même époque, les Khoïkhoïs se déplacent vers le sud, rejoignant la région du cap de Bonne-Espérance. Ils continuent à occuper davantage les côtes, tandis que les Bochimans, qu'ils nomment Sankhoï, restent à l'intérieur des terres. Leurs liens sont toutefois étroits et le mélange des deux cultures donne celle des Khoïsan.

2 500 à 600 avant J.C. : Éthiopie - L'Antiquité éthiopienne - Les sources égyptiennes : le Pays de Pount

Les informations détaillées sur les relations entretenues entre l’Égypte et l’Éthiopie sont clairsemées, et il existe de nombreuses théories au sujet de la localisation et la nature des relations qu'entretenaient ces deux peuples. Les Égyptiens appelaient le Pays de Pount Ta Néterou, signifiant la « Terre du Dieu », qu'ils considèrent comme la Terre de leurs origines. Les Égyptiens anciens étaient connaisseurs de myrrhe (originaire du Pays de Pount) dès les Ire et IIe dynasties, ce qu'indique selon Richard Pankhurst l'existence d'un commerce entre les deux pays dès les premières heures de l'Égypte antique.

Les sources égyptiennes mentionnent à partir de la Ve dynastie plusieurs expéditions menées au Pays de Pount. On dénombre au moins huit d’entre elles, espacées en moyenne d'une cinquantaine d'années, de la Ve dynastie à la XIIe dynastie, de Sahourê (-2500) à Sésostris II (-1875).

Il faut attendre la XVIIIe dynastie et l'an IX du règne de la Reine Hatchepsout, vers -1470, pour que l'Égypte renoue avec sa tradition pountite. Le récit de cette expédition est rapporté avec beaucoup de détails sur les murs du deuxième portique du temple funéraire de la Reine Hatchepsout, au sanctuaire de Deir el-Bahari de Thèbes. Les inscriptions dépeignent un groupe de commerçants rapportant des « encens, myrrhe et cannelle, or, ivoire et ébène, plumes d'autruche, peaux de panthère et bois précieux et quelques babouins, cynocéphales sacrés du dieu Thot ».

L'Encyclopædia Britannica de 1911 indique qu'à partir du règne de Piânkhy, pharaon de la XXVe dynastie, de temps à autre les deux pays étaient placés sous la même autorité ; la capitale de ces deux empires était alors située dans le nord du Soudan moderne, à Napata.

La conquête de l'Éthiopie par les pharaons de la XVIIIe dynastie est par ailleurs consignée sur les pylônes du temple de Karnak. Parmi les 47 villes éthiopiennes consignées, on retrouve notamment Adoua et Adulis, le futur port du royaume d'Aksoum, mais aucune mention de la cité d’Aksoum elle-même. Le grec Pline l'Ancien, qui constitue la plus ancienne référence à la ville d'Adulis indique que la ville aurait été fondée par des esclaves fugitifs égyptiens.

Les traductions des hiéroglyphes de Karnak montrent notamment que l'Éthiopie était à cette époque divisée en trois régions : Berberata, au nord, Tekrau (Tigré) au centre et Arem (Amhrara) au sud, qui sont proches des divisions persistantes de nos jours en Éthiopie.

Certains indices laissent à penser que les relations entre l'Égypte et l'Éthiopie ont pu s'inverser quelques siècles plus tard : une équipe de l'université de Hambourg a mis en évidence en mai 2008, l'apparition d'un culte de Sothis en Éthiopie avant le VIe siècle, ainsi que les caractéristiques d'un culte d'Osiris pratiqué vers 600 av. J.-C.

2 500 avant .C. : Érythrée - L'Érythrée est connue dans l'histoire depuis très longtemps. Les côtes érythréennes sont considérées, avec celles de la Somalie et du Soudan, comme le pays nommé Punt ou Ta Netjeru (Pays des Dieux) par les habitants de l'Égypte antique. La première mention remonte au XXVe siècle av. J.-C.. La plus ancienne référence connue à la mer d'Érythrée est attribuée à Eschyle (Fragment 67), qui la désigne comme « le bijou de l'Éthiopie » (Éthiopie désignait alors la partie de l'Afrique située au sud de l'Égypte).

 

Ier millénaire avant J.C. : Algérie - L'histoire de l'Algérie dans l'Antiquité débute au milieu du Ier millénaire av. J.-C jusqu'à la conquête musulmane du Maghreb. Cette période est constitutive de plusieurs éléments permanents du pays, notamment son substrat linguistique originel et son organisation sociale, marquée par la prévalence de communautés fondées sur le patriarcat et l'endogamie. Une telle continuité est rare pour un pays méditerranéen.

XXVe au XXIe siècle avant notre ère. : Soudan - Premier royaume de Kerma ou Kerma ancien : sous cette dénomination on entend regrouper l'ensemble des cultures nilotiques du Soudan moyen qui se regroupèrent par chefferies autour d'un puissant monarque qui avait sa capitale à Kerma, site du cours moyen du Nil soudanais. La population de cette époque est en effet constituée d'un ensemble de groupes différents, davantage marqués par les influences du Sud du Soudan. Développement de la métallurgie (bronze) et des arts : ébénisterie, ivoire, céramique, dont on a retrouvé beaucoup de témoignages dans les sépultures de l'époque qui acquièrent alors leur forme définitive. Fosse circulaire contenant le défunt inhumé en position contractée et la tête à l'orient, avec son matériel funéraire, l'ensemble étant recouvert d'un tumulus autour duquel les offrandes alimentaires sont déposées et les sacrifices funéraires opérés.

Au nord de cette région, la Nubie, était occupée par des peuples que l'on regroupe sous le terme de « Groupe C »1 et qui interdisaient l'accès au Sud en contrôlant drastiquement le commerce voire en pillant les convois qui revenaient en Égypte ou en partaient. À l'Ancien Empire cette situation devenait critique pour les Égyptiens qui avaient besoin de cet accès pour obtenir des biens précieux et rares en provenance de l'Afrique centrale (ivoire, ébène, gomme) ou l'or du désert de Nubie. Avec le temps le Groupe C semble avoir peu à peu entretenu des relations pacifiques avec le voisin égyptien allant jusqu'à fournir des mercenaires aux troupes de Pharaon. En retour l'Égypte lui garantissait une relative sécurité aussi bien au niveau militaire qu'économique en notamment palliant les périodes de famines par l'envoi de grain aux peuples de la région. Les débouchés sur les mines d'or du désert oriental y étaient certainement déjà pour quelque chose. En revanche le lointain royaume de Kerma représentait toujours un danger pour les expéditions commerciales qui entraient alors sans doute en concurrence avec le jeune royaume dont l'influence grandissait. Deux groupes de population et de culture distinctes occupaient donc toute la vallée du Nil soudanais jusqu'aux environs de la cinquième cataracte et formaient alors deux puissantes civilisations proto-urbaines avec lesquelles il fallait compter. On assiste en effet sur tout le long de la vallée à la sédentarisation progressive des peuples et à l'établissement de villages qui peu à peu deviennent de grosses bourgades. Kerma était alors déjà une cité étendue.

XXIe au XVIIIe siècle avant notre ère. : Soudan - Deuxième royaume de Kerma ou Kerma moyen : développement du royaume et de sa culture notamment des pratiques funéraires ; les défunts sont toujours inhumés en position fœtale la tête à l'est avec un riche mobilier funéraire. On peut suivre à travers l'évolution de ces pratiques et le développement des tumuli une hiérarchisation de plus en plus marquée de la société. Une véritable classe aristocratique voit donc le jour et préfigure la puissance du royaume à la période suivante. De rares contacts directs ont lieu avec les voisins du Nord mais le commerce est florissant et atteste de la stabilité de la région. On retrouve des traces de son réseau commercial sur les terres de Chillouk au sud de la vallée du Nil et jusque dans les montagnes du Tibesti. Au nord du pays, le Groupe C domine toujours la vallée jusqu'à ce que les pharaons du Moyen Empire annexent littéralement la région jusqu'au Batn el-Haggar. On assiste alors à une réaction du royaume de Kerma qui protégera ses cités derrière des remparts et, signe des temps, les défunts masculins seront alors inhumés avec leurs armes de manière systématique.

2 065 à 1 580 Av notre ère : Égypte - Le Moyen Empire, qui dure près de trois siècles (2065 à 1785 avant notre ère), voit une réaffirmation du pouvoir du roi, qui peut s'appuyer sur une « classe moyenne » instruite et assez prospère ainsi que sur une forme d'armée permanente formée notamment de Nubiens soumis.

La littérature apparue dès l'Ancien Empire se compose notamment de récits cosmogoniques et de textes de sagesse; à partir de la Première Période intermédiaire apparaissent aussi des textes plus pessimistes mais aussi des textes de propagande pharaonique.

La Deuxième Période intermédiaire (1785 à 1580 avant notre ère) commence avec la confrontation avec les Hyksôs, peuple mal identifié et à l'origine discutée, qui prend le pouvoir en Basse-Égypte sans jamais s'imposer sur la Haute-Égypte avec laquelle il garde des relations commerciales.

2 000 avant J.C. : Kenya - Des peuples venus du nord, parlant une langue couchitique, arrivèrent dans la région aux alentours de 2000 av. J.-C., créant des cultures telles l'Elmenteitien à l'époque du Néolithique pastoral.

2 000 Av J.C. : Madagascar - Les Vahoaka Ntaolo

Arrivés probablement sur la côte Ouest ou Nord-Ouest de Madagascar en pirogue à balancier (waka) il y a 2 000 ans — selon les archéologues. —, ces pionniers austronésiens sont appelés par tradition orale malgache : Vahoaka-Ntaolo soit « ceux des bateaux » ou « peuple navigateur », terme signifiant simplement aujourd'hui le « peuple » en malgache.

Concernant la raison de la venue des austronésiens, l'histoire de l'océan Indien du début du premier millénaire de notre ère est encore très mal connue. On peut seulement supposer que l'île de Madagascar jouait un rôle important dans le commerce, notamment celui des épices et du bois rare, entre l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient, directement ou via les côtes africaines.

2 000-1500 avant notre ère : Ile Maurice - Il est vraisemblable que les Austronésiens aient découvert l'archipel des Mascareignes, même s'ils n'y ont pas laissé de trace, car des études récentes montrent qu'ils ont peuplé Madagascar entre 2000 et 1500 av. J.-C.. Le récit du capitaine persan Ibn Shahriyar renforce cette hypothèse, car il rapporte dans son Livre des merveilles de l'Inde qu’un marchand arabe vit arriver sur la côte du Mozambique, en 945, « un millier d’embarcations » montées par des Waq-Waq (Indonésiens actuels), venus y chercher des ressources et des esclaves.

2 000-1500 avant J.C. : Ouganda - Les premiers habitants humains de la région que l'on nomme aujourd'hui Ouganda étaient des chasseurs-cueilleurs. Il existe encore quelques peuples qui ont conservé ce mode de vie nomade, notamment les Pygmées dans l'ouest du pays. Les sources sur la première période historique de la région sont peu nombreuses et reposent principalement sur les fouilles archéologiques. L’hypothèse la plus courante concernant le peuplement de la région montre deux vagues de migrations successives. Entre, approximativement, -2 000 et -1 500 avant notre ère, des populations de langue Bantou, venant apparemment de l'Afrique centrale et de l'ouest africain, ont migré et se sont installés dans la plus grande partie du sud de l'Ouganda. Les populations nilotiques, qui incluent les Luo et les Ateker, sont entrées dans la région par le nord, probablement aux alentours du Ier siècle de notre ère. Ce sont principalement des bergers et des agriculteurs qui se sont installés dans le nord et l’est du pays. Certains Luo ont migré dans la région du Bunyoro puis ont été assimilés avec les Bantous. Ils ont ainsi établi la dynastie des Badiito de l’actuel Omukama du Bunyoro. L’émigration Luo se poursuivit jusqu’au XVIe siècle, certains s’établissant dans les régions bantoues de l’est tandis que d’autres s’installèrent sur les rives du lac Victoria. Les Ateker (peuples Karimojong et Teso) s’implantèrent eux dans le nord-est et dans l’est de l’Ouganda. Certains ont fusionné avec les Luo dans les régions nord du lac Kyoga.

Ce sont ces migrants qui apportèrent avec eux l'agriculture, le travail du fer ainsi que de nouvelles idées d'organisation sociale et politique. Il existe peu d'information sur la période qui suit les migrations, et ce jusqu'au XVe siècle. On voit alors se développer des royaumes dont la particularité est une centralisation politique précoce. Parmi ces royaumes, le royaume du Bunyoro-Kitara domine alors les autres : l'Ankole, les Îles Sese et le Buganda.

2 000 à 0 avant J.C. : Libye 

Antiquité : Dès le IIe millénaire av. J.-C., les Libous, installés en Cyrénaïque, forment un peuple redouté des Égyptiens. Vers 1000 av. J.-C., les premiers comptoirs phéniciens sont fondés sur la côte libyenne.

Durant l’Antiquité, les principales parties de l’actuelle Libye sont :

* la Cyrénaïque, d’après le nom de la prestigieuse ville de Cyrène, qui aurait été fondée par des Grecs de Théra en 631 av. J.-C. ;

* la Tripolitaine, à l’origine une colonie phénicienne comprenant les trois villes de Sabratha, Leptis Magna et Ola ; Ola devient la capitale de la colonie sous le nom de Tripoli, qui signifie « trois villes » ;

* le Fezzan ou Phazania, région saharienne et désertique de la Libye antique.

En Grèce antique, le mot « Libye » est alors employé pour désigner toute la zone côtière de l’Afrique du Nord comprise entre le Nil et l’Atlantique, ainsi que l’arrière-pays désertique. Le terme Libyens désigne alors un ensemble de populations dont la présence en Afrique du Nord est antérieure à l'arrivée des Phéniciens, comprenant les ancêtres des actuels Berbères.

La Libye grecque

En 631 av. J.-C. des navigateurs grecs s'installent sur la côte cyrénenne. Les premiers sont originaires de Théra; des navigateurs venus des autres cités grecques le rejoignant bientôt. Les Grecs s'installent sur la côte, et contractent de nombreuses unions avec des femmes du pays : le premier navigateur grec à avoir rejoint le pays devient roi de Cyrène, sous le nom de Battos Ier, fondant la dynastie dite des Battiades. Sous les règnes de ses successeurs, Arcésilas Ier et Battos II, la présence des Grecs remet en cause l'équilibre agro-pastoral des tribus libyennes. Les Libyens tentent alors de chasser les Grecs avec l'aide du pharaon Apriès, mais sont défaits vers 570 av. J.-C. Par ailleurs, vers la fin du VIe siècle av. J.-C., les Phéniciens s'installent sur la côte de Tripolitaine, et gagnent Syrte à partir de Carthage. Le commerce et la vie urbaine se développent, ainsi que la sédentarisation dans les campagnes.

Cyrène s'impose vite comme la plus grande cité grecque d'Afrique. Les colons bâtissent leur fortune sur le commerce du silphion ou silphium, une plante recherchée pour ses vertus culinaires et médicinales. Signe de l'importance de la ville, le monumental temple de Zeus, édifié au Ve siècle av. J.-C., est comparable à celui d'Olympie. La dynastie des Battiades est cependant confrontée à la montée en puissance de l'aristocratie, qui fonde la cité de Barca, dans le Djebel Akhdar, avec l'appui des tribus libyennes. Le roi Battos III doit accepter de réduire ses prérogatives, mais son fils Arcésilas III tente ensuite de les reconquérir par la force. Battu, il reconquiert Cyrène à la fin du IVe siècle av. J.-C., avec l'aide de Polycrate de Samos. Il se tourne ensuite vers l'Empire perse pour obtenir sa protection, mais est assassiné à Barca. Les Perses interviennent alors sur demande de la reine-mère, et détruisent Barca. Cyrène devient un protectorat perse jusqu'à ce que la perte d'influence des Perses amène à la chute du roi Arcésilas IV vers 440 av. J.-C. Le royaume de Cyrène devient alors une République et passe ensuite sous la tutelle de la dynastie des Ptolémées d'Égypte. La cité est à l'époque particulièrement florissante, et fait preuve d'un grand dynamisme commercial.

La Libye romaine

Au Ve siècle av. J.-C. la côte méditerranéenne est dominée par les Carthaginois : en 321 av. J.-C., les territoires bordant la Méditerranée sont annexés par Ptolémée Ier. La Tripolitaine ne se développe réellement qu'à partir de l'effacement de Carthage et la montée en puissance de Rome. En 96 av. J.-C., Ptolémée Apion lègue à sa mort ses droits royaux aux Romains. La Cyrénaïque devient alors une province romaine. La mainmise de Rome sur la Tripolitaine et le Djebel Akhdar s'accélère elle aussi, du fait de la nécessité de l'hégémonie en Méditerranée. En 74 av. J.-C., les cités libres du Djebel Akhdar sont réduites à l'état de province romaine. En 67 av. J.-C., la Cyrénaïque est jumelée par Pompée avec la Crète. Durant le Ier siècle av. J.-C., les trois régions qui forment l'actuelle Libye (Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan) sont sous la domination de l'Empire romain et connaissent un vif essor aux IIe et IIIe siècles. La Tripolitaine donne à Rome l'empereur Septime Sévère, qui accorde à sa terre natale le jus italicum, soit l'assimilation de son sol à celui de l'Italie et l'exemption de l'impôt foncier.

XVIIIe au XVe siècle avant notre ère. : Soudan - Troisième royaume de Kerma ou Kerma classique : un nouveau royaume de Koush étend son territoire de la première cataracte, aux environs d'Assouan, jusqu'à la quatrième cataracte à la suite de l'alliance des peuples nubiens (Groupe C) et du royaume de Kerma qui en devient alors la capitale. Les relations avec le voisin du Nord sont au début pacifiques et le commerce est florissant avec toute la vallée du Nil et l'Afrique centrale. On assiste à un bond de l'agriculture et de l'urbanisation de la région. Grandes constructions dans la capitale et nécropoles royales avec tumuli colossaux (certains dépassent les cent mètres de diamètre). Au niveau culturel on assiste à un maintien des coutumes et traditions locales bien que certains éléments architecturaux ou décoratifs soient empruntés à la culture égyptienne qui reste assez présente sur le Nord du royaume. Des relations diplomatiques entre Kerma et les dynastes Hyksôs du delta du Nil sont prouvées et attestent que les deux puissances cherchèrent à passer alliance afin de contrer la montée en puissance d'une dynastie rivale située à Thèbes. L'un de ces souverains, Kamosé reprendra alors l'avantage sur le royaume de Kerma repoussant sa frontière au sud d'Éléphantine. Son successeur Ahmôsis Ier poursuivra cette conquête des territoires du Soudan.

XVe au Xe siècle avant notre ère. : Soudan - Domination égyptienne jusqu'à la IVe cataracte : destruction du royaume de Kerma par Ahmôsis Ier puis Amenhotep Ier (XVIIe dynastie) ; contrôle des routes commerciales et des mines d'or du désert oriental. Construction des sites et monuments de Beit el-Ouali, Gerf Hussein, Kouban, Ouadi es-Séboua, Amada, Aniba, Derr, El-Lessiya, Qasr Ibrim, Abou Simbel (Nubie égyptienne), Faras, Aksha, Bouhen, Semna, Ouronarti, Kouma, Amara (Nubie soudanaise), Saï, Sédeinga, Djebel Dosha, Soleb, Sésébi, Pnoubs, Argo, Kaoua, Napata (Gebel Barkal), Kourgous. Installation d'un Vice-Roi pour cette région qui subit une égyptianisation affichée. Capitale à Aniba.

XIIe siècle avant notre ère : Tunisie - Les Phéniciens ouvrent des comptoirs dès le XIIe siècle av. J-C sur les côtes tunisiennes, dont celui-ci de Carthage vers 814-813 av. J-C. Les descendants des colons venus de Phénicie et de Chypre développent la puissante cité maritime et commerçante de Carthage installée dans le nord de la Tunisie. La fondatrice serait la reine légendaire Didon.

Très rapidement les Carthaginois fondent des comptoirs commerciaux sur les côtes de l'Afrique du nord.

1 580 à 663 Av notre ère : Égypte - Les dynasties thébaines mènent alors la reconquête du royaume de Koush puis de la Basse-Égypte et du delta du Nil, donnant naissance au Nouvel Empire (1580 à 1085 avant notre ère).

Une nouvelle administration plus élaborée se met en place ainsi qu'une armée puissante. Ces deux forces permettent à l'Égypte de jouer un rôle de puissance régionale, notamment sur la Nubie et la Palestine qui passent sous sa protection.

Le fonctionnement de l'économie évolue, avec notamment une forme de privatisation du contrôle de la terre, l'importance sociale accrue de groupes de population comme les militaires et le clergé, mais aussi des revendications sociales.

C'est par ailleurs du Nouvel Empire que datent les réalisations les plus remarquables de l'art égyptien comme l'enceinte d'Amon-Rê à Karnak ou les temples d'Abou Simbel.

La Troisième Période intermédiaire (1085 à 663 avant notre ère) voit la prise du pouvoir par les prêtres d'Amon en Haute-Égypte. Le pouvoir passe à des dynasties d'origine libyenne puis originaire du sud (dynastie koushite ou éthiopienne).

1 500 avant notre ère : Malawi - Un autre site daté de 1500 av. J.-C. abrite des restes présentant des similitudes avec les San. Petits et à la peau couleur de cuivre, ces hommes, désignés sous le nom d’Akufula ou de Batwa, ont réalisé les peintures rupestres trouvées dans le complexe de Chongoni, un ensemble de 127 sites couvrant 126,4 km2 du haut plateau central.

1 350 à 450 Av. notre ère : Mauritanie - Outre une épigraphie peu abondante, les premières traces d'histoire humaine dans l'espace saharien occidental se rattachent à la culture Biafane, cette population noire est présente en Afrique de l'Ouest et parlait des langues inconnues, peut être reste-t-il certaines expression dans le dialecte berbéro-arabe des Imraguens, la tribu de pêcheurs du Banc d'Arguin.

Cette population noire était alors présente dans tout l'espace saharien, et elle se maintient dans l'oasis de Zagora dans le sud marocain, la population hartanya est sans doute issue d'un brassage entre les esclaves importés, des populations soninkés, peuls ou wolofs et cette première population.

Les Biafans sont « berbérisés », sans doute au cours de l'âge du bronze méditerranéen, en parallèle de la « celtisation » de l'Europe centrale (1350-450 av. J.-C.), puis par les Berbères Maures plus ou moins romanisés qui contrôlaient l'espace saharien atlantique durant l'époque romaine ("Maures", gentilé des provinces de Maurétanie Tingitane et Maurétanie Césarienne, issues de l'ancienne principauté puis province occidentale de Numidie berbère, avant son annexion par Rome), sont issues de cette fusion entre le pastoralisme amazigh venu des régions atlasiques et les communautés autonomes, concentrées dans les oasis, qui sont leur tributaires.

1 100 avant J.C. : Fondation d'Utique, dans l'Afrique septentrionale, par les Phéniciens.

XIe siècle avant notre ère. : Soudan - Fin de la domination égyptienne sur le Soudan à la suite de l'éclatement de l'Égypte en plusieurs royaumes rivaux. La Nubie devient indépendante autour du Vice-Roi de Koush dont le dernier représentant attesté est Panéhésy (règne de Ramsès XI) et permet ainsi le développement à nouveau des chefferies et des principautés au Soudan qui semblent coexister pacifiquement notamment au sud du pays.

1 000 avant J.C. : Cameroun - La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria ont été le berceau des peuples bantous au Ier millénaire avant notre ère.

Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés migrent ensuite pour s'installer sur les hauts plateaux camerounais.

Au nord, la civilisation des Saos, mal connue, se développe dans le bassin du lac Tchad.

1 000 avant J.C. : Afrique - Cameroun - Les premiers habitants du Cameroun sont probablement les chasseurs-cueilleurs Baka, des nomades Pygmées. Mais, dès le Ier millénaire av. J.-C., se développent des sociétés sédentaires d'agriculteurs-éleveurs, peut-être venus du Sahara alors en voie de désertification et les Baka sont repoussés dans les forêts des provinces du sud et de l'est où on les trouve encore. Parmi les sédentaires, ceux du sud-ouest de l'actuel Cameroun et du sud-est du Nigeria sont les plus anciennement attestés comme utilisant des langues bantoues. Ces langues se sont ensuite répandues à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne occidentale, jusqu'en Afrique du Sud, probablement en même temps que l'agriculture. La première allusion historique des côtes camerounaises se trouve dans le récit dit Périple d'Hannon, dans un texte grec très discuté. Au Ve siècle av. J.-C., ce carthaginois atteint le mont Cameroun qu'il baptise le Char des Dieux. Mais ce texte est controversé pour sa traduction approximative depuis le phénicien et surtout parce qu'il n'y a pas de preuve archéologique que les Carthaginois soient allés au sud d'Essaouira.

1 000 Av. J.C. : Éthiopie - Au Ier millénaire av. J.-C., des populations Sabéennes du Yémen s'installèrent sur les hauts plateaux d'Érythrée et d'Éthiopie et y fondèrent plusieurs colonies de peuplement. Les Sabéens y introduisirent leur architecture, leur style artistique, leur religion et leur système d'écriture. Leur présence en Éthiopie et en Érythrée se retrouve dans les nombreuses inscriptions présentes.

Après la chute du royaume de D'mt au Ve siècle av. J.-C., divers royaumes ont dominé la région jusqu'à l'émergence, au Ier siècle av. J.-C., du royaume d'Aksoum, premier empire important de l'histoire éthiopienne.

Le royaume d'Aksoum constitue un grand État de la Corne de l'Afrique, sa capitale, Aksoum, est une ville cosmopolite où vivent des Juifs, des Grecs et des populations d'Arabie du Sud. Situé au bord de la mer Rouge, le royaume prospère grâce à l'exportation de produits primaires, se développe autour du commerce et commence à contrôler les principales routes maritimes passant par la région. L'élément caractéristique d'Aksoum est la pratique de l'écriture.

1 000 avant J.C.  : Éthiopie - L'Antiquité éthiopienne - Les sources égyptiennes : Le Royaume d'Aksoum Ier-Xe

Le premier véritable empire de grande puissance à apparaître en Éthiopie est le royaume d'Aksoum au Ier siècle, un des nombreux royaumes à succéder à celui de D'mt ; il réussit à unir les royaumes du plateau éthiopien du Nord, apparus au Ier siècle av. J.-C. Les bases de l'État sont posées sur les hauts plateaux du Nord et s'étendent à partir de là vers le Sud. Le prophète Mani cite à cette époque Aksoum comme une des quatre grandes puissances de son temps avec l'Empire romain, la Perse, et la Chine.

Les origines du royaume d'Aksoum sont encore aujourd'hui peu connues, et les experts ont à ce sujet différentes interprétations. Même l'identité du premier roi connu est contestée : si C. Conti Rossini propose que Zoskales d'Axoum, mentionné dans Le Périple de la mer Érythrée, peut être identifié avec un certain Za Haqle identifié parmi la liste des rois éthiopiens (hypothèse reprise par de nombreux historiens ultérieurs tels qu'Yuri M. Kobishchanov et Sergew Hable Sellasie), G.W.B. Huntingford pense que Zoskales était seulement un personnage secondaire dont l'autorité se serait limitée à Adulis, et que l'identification de Conti Rossini ne peut être justifiée.

Située dans le nord-est de l'Éthiopie et de l'Érythrée actuelles, le royaume d'Aksoum est fortement impliqué dans le commerce avec l'Inde et le bassin méditerranéen, en particulier l'Empire romain (plus tard byzantin).

Le royaume d'Aksoum est mentionné dès le Ier siècle dans Le Périple de la mer Érythrée comme ayant une activité commerciale importante, exportant l'ivoire dans tout le monde antique, des écailles de tortues, de l'or et des émeraudes, important de la soie et des épices, notamment à travers son port principal situé à Adulis.

« De cet endroit à la cité du peuple nommé Auxumites, il y a encore 5 jours ; c'est là qu'est apporté tout l'ivoire arrivé d'au-delà du Nil à travers le territoire appelé Cyeneum, puis de là à Adulis. »

Périple de la mer Érythrée, Chapitre 4.

L'accès du royaume d'Aksoum à la mer Rouge et au Nil lui offre de nombreux débouchés maritimes pour profiter du marché entre les différentes régions africaines (Nubie), arabes (Yémen) et les États indiens. Au IIIe siècle Aksoum s'étend sur la péninsule arabe au-delà de la mer Rouge, et vers 350, conquiert le royaume de Koush.

L'importance du marché aksoumite est prouve par de nombreuses attestations archéologiques : des pièces axoumites ont été découvertes dans de nombreuses parties du sud-ouest indien, alors que de la monnaie kouchane indienne a été retrouvée au monastère de Debre Damo dans le nord-ouest de l'Éthiopie.

Les contacts à travers l'océan Indien trouveront écho un siècle plus tard, lorsque le prêtre d'Adulis Moses, se rend en Inde en compagnie d'un prêtre copte d'Égypte afin d'étudier la philosophie brahmane, ou lorsque le roi Kaleb fait appel à des navires notamment indiens pour mener sa campagne au Yémen.

À son apogée, Axoum contrôle le nord de l'Éthiopie actuelle, l'Érythrée, le nord du Soudan, le sud égyptien, Djibouti, la partie occidentale du Somaliland, le Yémen et le sud de l'Arabie saoudite, totalisant un empire de 1 250 000 km².

Ce qui caractérise incontestablement ce royaume est la pratique de l'écriture. Cet alphabet spécifique, appelé ge'ez, se modifiera par la suite en introduisant des voyelles devenant un alphasyllabaire. D'autre part, les obélisques géants marquant les tombes (chambres souterraines) des rois ou de nobles restent les plus célèbres empreintes du royaume.

Des inscriptions trouvées en Arabie méridionale célèbrent des victoires contre GDRT (« Gadarat »), décrit en tant que « nagashi de Habashat [c.-à-d. Abyssinia] et d'Axum ». D'autres inscriptions ont été employées pour dater GDRT (interprété comme représentant un mot ge'ez tel que Gadarat, Gedur, Gadurat ou Gedara) autour du début du IIIe siècle. Un sceptre en bronze a été découvert à Atsbi Dera avec une inscription mentionnant l'« GDR d'Axoum ». Des pièces de monnaie à l'effigie du roi ont commencé à être frappées sous le roi Endubis vers la fin du IIIe siècle.

Le christianisme est introduit dans le pays par Frumence, fait premier évêque de l'Éthiopie par Athanase d'Alexandrie vers 330. Frumence convertit Ezana, qui a laissé plusieurs inscriptions détaillant son règne avant et après sa conversion. Une inscription trouvée à Axoum, déclare qu'il conquit la nation du Bogos dont il est rentré victorieux, grâce au soutien de son père, le dieu Mars. Des inscriptions postérieures montrent l'attachement grandissant d'Ezana pour le christianisme, confirmé par la modification des pièces de monnaie, passant des motifs du disque solaire et du croissant lunaire au signe de la croix.
L'hégémonie qu'exerçait le roi Ezana sur ses voisins, est enregistrée sur une inscription (Inscription d'Ezana).

Des inscriptions en ge'ez découvertes à Méroé attestent d'une campagne menée par le royaume aksoumite soit sous Ezana, ou l'un de ses prédécesseurs comme Ousanas. Les expéditions d'Ezana au royaume de Koush à Méroé au Soudan ont pu être responsables de sa chute, bien qu'il existe des signes indiquant que le royaume était déjà entré dans une période de déclin. À la suite de l'agrandissement du royaume sous Ezana, Axoum partageait des frontières avec la province romaine d'Égypte.

Il s'avèrerait au vu des faibles indices à disposition que cette nouvelle religion ne jouissait à ses débuts que d'une influence limitée. Vers la fin du Ve siècle un groupe de moines connu sous le nom des « Neuf Saints » s'établit dans le pays. À partir de cette époque le monachisme sera présent parmi la population ce qui ne sera pas sans conséquence par la suite.

En 523, le roi juif Dhu Nuwas prend le pouvoir au Yémen et, annonçant sa volonté de persécuter tous les chrétiens, il commence par attaquer une garnison axoumite à Zafar, brûlant les églises de la ville. Il attaque alors le bastion chrétien de Najran, abattant les chrétiens réticents à la conversion. L'Empereur Justin Ier de l'Empire romain d'Orient demande alors l'aide de son ami chrétien, Kaleb d'Axoum, pour combattre le roi yéménite. Vers 525, Kaleb défait Dhu Nuwas, envahit son royaume et désigne alors Sumyafa' Ashwa' vice-roi d'Himyar.

L'historien Procope indique qu'après cinq ans, Abraha dépose le vice-roi et se fait couronner roi (histoires 1.20). Malgré plusieurs tentatives d'invasions infructueuses par la mer Rouge, Kaleb ne réussit pas à déposer Abraha, et dut se résigner à la situation ; ce fut la dernière fois que les armées éthiopiennes sortirent d'Afrique jusqu'à la guerre de Corée du XXe siècle à laquelle ont participé plusieurs unités. Par la suite, Kaleb abdique en faveur de son fils Wa'zeb et se retire dans un monastère où il finira ses jours. Abraha conclut alors un traité de paix avec le successeur de Kaleb reconnaissant sa supériorité. En dépit de cet évènement, c'est sous les règnes d'Ezana et de Kaleb que le royaume atteint son apogée, tirant bénéfice d'importantes relations commerciales, se prolongeant alors jusqu'en Inde et Ceylan, et en communication constante avec l'empire byzantin.

Il semble que la peste de Justinien (541-567) ait eu son origine en Éthiopie et en Égypte.

Les informations sur le royaume d'Aksoum deviennent de plus en plus éparses à partir de cette époque. Le dernier roi connu pour avoir fait battre monnaie se nomme "Armah", dont les pièces portent l'effigie des conquêtes persanes de Jérusalem en 614. Une tradition musulmane indique que celui-ci, connu sous le nom de nedjaschi Ashama ibn Abjar dans la littérature arabe, offrit l'asile au royaume d'Aksoum aux musulmans fuyant les persécutions de la Mecque pendant la vie de Mahomet. L'Éthiopie aurait ainsi été le tout premier pays d'accueil de l'islam, ce qui apporterait quelque justification au hadîth affirmant que Mahomet recommande aux siens de ne jamais attaquer l'Éthiopie à moins d'être attaqués par celle-ci.

La fin du royaume d'Aksoum est au moins aussi mystérieuse que son commencement. Par manque d'indices détaillés, la chute du royaume a été attribuée à une période de sécheresse persistante, le déboisement, la peste, une variation dans les routes du commerce réduisant l'importance de la mer Rouge ou une combinaison de ces facteurs. En fait avec l'avènement de l'islam, Aksoum perd à la fois ses possessions yéménites et son commerce extérieur. Karl W. Butzer propose que l'environnement ait pu jouer un rôle important à la fin d'Axoum, ou ce serait moins le fait des relations commerciales se réduisant après 700, que l'appauvrissement des sols lié à une agriculture intensive combinée à une diminution des précipitations, qui expliquerait le déplacement du centre du pouvoir vers les terres plus fertiles et humides du centre de l'Éthiopie. Munro-Foin cite l'historien musulman Abu Ja'far al-Khwarazmi/Kharazmi, qui écrit en 833, que la capitale « du royaume de Habash » était alors Jarma. Il est également possible que Jarma ne soit un autre nom d'Axoum tiré du ge'ez girma (« remarquable »). Pour d'autres, une nouvelle capitale Kubar aurait été fondée plus au sud. Ceci laisserait à penser que la capitale se serait alors déplacée vers un nouvel emplacement, jusqu'alors inconnu. Des royaumes chrétiens comme celui de Makurie, dans l'actuel sud Soudan, survivent à la disparition d'Aksoum, devenant un lieu de pèlerinage pour arabes et européens. Celui-ci s'effondrera à son tour en 1312.

 

1 000 avant J.C. : Guinée - Les premiers royaumes voient le jour dans cette région au premier millénaire avant J.C .

1 000 Av J.C. : Kenya - éleveurs d'ovins et de caprins qui utilisent des ânes domestiqués2. Parmi les sites mégalithiques remarquables de cette période, on trouve le site, peut-être archéoastronomique, de Namoratunga sur la rive ouest du lac Turkana. Aux alentours de 1000 apr. J.-C., et même probablement avant, le pastoralisme se diffuse au Kenya central et dans le nord de ce qui est de nos jours la Tanzanie.

De nos jours, les descendants des locuteurs des langues couchitiques se situent au nord du Kenya central, près du lac Eyasi. Leur distribution géographique passée, qui peut être approchée par la présence d'emprunts lexicaux de la part des autres langues, englobe celle des populations du néolithique pastoral des hautes-terres

1 000 avant notre ère : Rwanda - Les premiers signes de présence humaine au Rwanda datent de 1000 av. J.-C. Des archéologues ont découvert les traces d'une civilisation maîtrisant le fer et la poterie.

1 000 avant notre ère : Tunisie - La Tunisie a connu différentes périodes historiques. Peuplée dès la préhistoire, elle a été le berceau de la brillante civilisation carthaginoise. À partir du Ier siècle av. J-C les Romains en firent un des grands producteurs de blé et d'huile d'olive destiné à approvisionner Rome. La Tunisie devenue le royaume des Vandales au moment des grandes migrations de peuples germaniques fut reconquise au début du VIe siècle par les Byzantins de Justinien.

Xe siècle avant notre ère. : Soudan - Constitution d'une principauté autour d'une dynastie locale à Napata (Gebel Barkal). Cette dynastie trouverait ses origines dans la lointaine Méroé alors encore simple place commerciale. Peu à peu l'influence de la principauté s'étend sur l'ensemble des royaumes du Soudan et constitue un puissant royaume au cœur de l'Afrique occidentale et centrale. Règne de six souverains inconnus. Au IXe siècle, à la suite d'une guerre civile qui plonge la thébaïde dans le chaos, une partie du clergé de Karnak se réfugie à Napata sous la protection des princes de Koush.

IXème siècle avant notre ère : République de Centrafrique - Des pierres taillées datant au moins du IXe millénaire avant notre ère ont été retrouvées au cours de fouilles effectuées en République centrafricaine. Toutefois, l’absence de restes humains associés empêche l’attribution de ces outils à une population précise (pygmées ou autre peuple autochtone). Par la suite, la transition du paléolithique vers le néolithique dans la région fut un processus graduel sans rupture culturelle brutale.

IXème siècle - VIème siècle avant notre ère : Maroc - Les Phéniciens, commerçants entreprenants originaires de la Phénicie libanaise située dans le pays de Canaan, installent leur premiers établissements dans ce que les géographes grecs comme Strabon nomment la Libye (terme qui désigne alors l'ensemble de l'Afrique du Nord à l'ouest de l'Egypte, et non la seule Libye contemporaine) et notamment sur les côtes marocaines, dès le XIe siècle av. J.-C. La flotte phénicienne fonde des comptoirs à Tingi (Tanger), Lixus (près de Larache), Thymiateria (Mehdia), Azama (Azemmour) et Cerné (qui serait localisée à Dakhla). À l'époque de l'arrivée des Phéniciens, le territoire de l'actuel Maroc était loin d'être inhabité. Des établissements comme celui de Kach Kouch témoignent de l'installation des populations locales, qui ont maintenu des rapports commerciaux avec les Phéniciens mais en conservant une architecture locale de cabanes bâties en terre. C'est à partir de la fondation de Carthage en Tunisie que la région commence à être réellement mise en valeur et explorée par de grands navigateurs comme Hannon. L'influence de la civilisation carthaginoise se fera sentir près de mille ans sur le territoire du Maroc actuel : en effet à partir du VIe siècle av. J.-C., les Carthaginois en quête de métaux précieux (extraits des mines de l'Atlas et de la vallée pré-saharienne du Drâa), de murex (un coquillage très présent aux Îles Purpuraires d'Essaouira et utilisé pour produire la teinture pourpre prisée chez les Anciens) et de bois rares des forêts nord-africaines, vont commercer avec les populations locales et introduire des éléments culturels propres à la société phénicienne. Néanmoins, les Maures étaient les dépositaires d'une culture très ancienne, atlanto-méditerranéenne, remontant à l'âge du cuivre, comme l'atteste le cromlech de M'zora qui peut être mis en relation avec des sites mégalithiques comparables comme Ħaġar Qim à Malte, et Carnac et Stonehenge au nord-ouest de l'Europe.

888 avant J.C. : DIDON, sœur de Pygmalion, roi de Tyr, passe en Afrique, où elle fonde Carthage. Selon d'autres historiens, cette ville aurait été achevée en 1233 par les Tyriens ZORUS et CARCHEDON, et DIDON n'aurait fait qu'y ajouter une citadelle.

831 avant J.C. : Les Carthaginois s'emparent d'Utique.

VIIIe siècle avant notre ère. : Soudan - Règne du prince Alara puis règne du roi Kachta le Koushite ; conquête de la Basse-Nubie puis de la Haute-Égypte. Apogée du royaume de Napata dont la dynastie réclame l'héritage de l'Égypte. Devant l'anarchie qui y règne, Piyé (Piânkhy), puis après lui ses successeurs interviennent et montent sur le trône d'Égypte fondant la XXVe dynastie. Leur royaume s'étend alors de la VIe cataracte aux environs de Khartoum jusqu'à la Méditerranée.

Règne des rois : Piyé, Chabaka, Chabataka, Taharqa, Tanoutamon. Tous règneront sur le royaume de Koush et d'Égypte.

Construction des temples napatéens de Nubie et du Soudan. Cet empire prendra fin à la seconde moitié du VIIe siècle avec la conquête de l'Égypte par les Assyriens. Le royaume qui conserve Napata comme capitale retrouve alors ses frontières originelles. Vers -591, le pharaon Psammétique II envoie une expédition contre le royaume de Koush, réduisant à néant les ambitions des rois de Napata sur l'Égypte.

Destruction des villes saintes de Kaoua, Pnoubs, Napata et destruction des statues royales de la XXVe dynastie.

800 avant J.C. : Érythrée - La plus ancienne référence connue à la mer d'Érythrée est attribuée à Eschyle, qui la désigne comme le bijou de l'Éthiopie.

Vers le VIIIe siècle av. J.-C., un royaume connu sous le nom de D'mt s'établit au nord de l'Érythrée et de l'Éthiopie, avec Yeha comme capitale.

Il est suivi par le Royaume d'Aksoum, au Ier siècle av. J.-C., bien que les continuités restent floues.

750 - 650 Av. J.C. : Éthiopie - De 2009 à 2016, une équipe d'archéologues européens a mis au jour, dans la région de Yeha, une ancienne cité du royaume d'Aksoum, nommée par eux Beta Samati, occupée de 750 av. J.-C. à 650 apr. J.-C. Une basilique chrétienne du IVe siècle fut trouvée au milieu des ruines.

744 avant J.C. : SABACON, roi d’Éthiopie, s'empare de toute l'Egypte. Il fonde la 25ème dynastie dite des Éthiopiens. La dynastie éthiopienne est chassée de l'Egypte en 704 avant J.C. pendant 33 ans.

700 avant J.C. : les Carthaginois s'emparent des îles Baléares.

700 Av J.C. : Kenya - Vers 700 apr. J.-C., des communautés parlant des langues nilotiques méridionales, provenant de la région frontalière entre le Soudan, l'Ouganda, le Kenya et l'Éthiopie se déplacent vers le sud, vers les hautes terres de l'ouest et la vallée du Grand Rift, au Kenya. La distribution géographique de ces derniers, approchée à partir des toponymes, des emprunts lexicaux et des récits des traditions orales, correspond à celle des populations de l'Elmenteitien. L'arrivée des locuteurs du nilotique se produit peu avant l'introduction du fer en Afrique de l'Est

663 à 332 Av notre ère : Égypte - Commence alors la Basse époque (663 à 332 avant notre ère) qui voit alterner des périodes de gouvernement traditionnel et d'autres où l'Égypte est sous la coupe de ses puissants voisins, notamment les Perses.

650 avant J.C. : PSAMMETISCH 1er s'empare du gouvernement de toute l'Egypte à l'aide de groupe grecques. 

Mécontentement de la caste des guerriers. 100 000 soldats égyptiens vont fonder un état particulier en Éthiopie (650-610)

631 avant J.C. : BATTUS  ou ARISTEE, de l'île grecque de Théra, dans la mer Égée passe en Afrique, où il fonde le royaume de Cyrène (aujourd'hui pays de Barcah au Libye), que ses descendants gouvernent pendant 200 ans.

610 avant J.C. : NEKO, fils de Psammetich, roi d'Egypte, contemporain, selon la bible, de Josias et de Jojachim, roi de Juda. Il fait des conquêtes en Asie jusqu'aux bords de l'Euphrate. Il favorise le commerce, augmente sa marine et fait le tour de l'Afrique par des navigateurs phéniciens. Construction du canal entre la mer Rouge et le Méditerranée.

VIe au IVème siècle avant notre ère. : Soudan - Second royaume de Napata : à la suite de la perte de leur suzeraineté en Égypte, les souverains de Koush développeront leur royaume et leur culture de manière de plus en plus autonome. Développement de la civilisation du fer à Méroé et des routes commerciales avec le cœur de l'Afrique et la mer Rouge (route maritime de l'Inde). Reprise de l'influence jusqu'à la première cataracte aux environs de Philæ. Restauration des grands sanctuaires du royaume. Nécropoles et pyramides de Nouri et d'El-Kourrou.

VIe siècle avant notre ère : Tunisie - Dès le milieu du VIe siècle av. J-C Carthage domine la mer méditerranée occidentale et commerce avec l'Égypte, la Grèce et les Étrusques. Les Carthaginois entreprennent des voyages d'exploration autour de l'Afrique et dans l'océan Atlantique nord.

L'intérieur du pays était peuplé par les Numides.

Les Carthaginois vont s'opposer aux Grecs pour la domination de la Sicile.

575 avant J.C. : BATTUS II, surnommé l'Heureux, roi de Cyrène. Sous son règne le royaume s'accroît par l'arrivée d'un grand nombre de colons venus de diverses parties de la Crète et du Péloponnèse, qui s'emparent d'une portion du pays, dont il dépouillent les Libyens. Ceux-ci s'adressent à APRIES, roi d'Egypte, qui est vaincu par BATTUS (575 - 574)

554 avant J.C. : Arcésilaüs II, roi de Cyrène fait la guerre aux Libyens qu'il défait. Il meurt empoisonné (554-550)

554 avant J.C. : Malchus s'empare du gouvernement de Carthage.

550 à 526 avant J.C. : BATTUS III, roi de Cyrène. Lui succède BATTUS IV et BATTUS V

554 avant J.C. : Arcésilaüs III, roi de Cyrène, doit fuir à Samos. Il est assassiné par des fugitifs de Cyrène.

525 avant J.C. : Psammetich III ou PSAMMENITE, fils d'Amanis, roi d'Egypte

Invasion de l'Egypte par les Perses sous Cambyse. Défaite des Égyptiens près de Peluse, sur la Méditerranée. Mort de Psamménite. L’Égypte devient une province de l'empire des Perses et est gouvernée par des satrapes.

Conquête de la Libye et de la Cyrénaïque, jusqu'aux confins du territoire carthaginois, par les Perses.

509 avant J.C. : Premier traité de commerce entre Carthage et Rome.

500 avant J.C. : Afrique du Sud - Les premiers peuples de langues bantoues, venant à l'origine du grassland camerounais actuel, atteignent l'actuelle province du KwaZulu-Natal vers l'an 500 de notre ère. Au Xe siècle, des xhosas s'installent dans la région de la Fish River (Transkei).

500 à 31 Av notre ère : Égypte - Le découpage traditionnel de l’histoire égyptienne ancienne (Égypte dynastique) comprend plusieurs périodes de prospérité (Ancien Empire, Moyen Empire, Nouvel Empire) séparées de périodes de crises, de changements dynastiques et d'invasions, appelées « Périodes intermédiaires ». Les apports scientifiques et notamment archéologiques récents tendent à atténuer ce découpage qui conserve néanmoins une certaine pertinence. Mais outre ces périodes proprement égyptiennes, l'Antiquité de l'Égypte comprend également la période perse (525 à 332 avant notre ère), la période hellénistique (332 à 31 avant notre ère) dite aussi lagide ou ptolémaïque (305 à 31 avant notre ère) et la période romaine (qui débute en 31 avant notre ère et se poursuit par la période byzantine et chrétienne jusqu'en 620 de notre ère).

Vème-IVème siècle Av. J.C. : Zaïre  Congo Kinshasa - La métallurgie du fer se développe de manière indépendante à ces installations, les plus anciennes traces se découvrent en Afrique centrale au nord-ouest (sud-Cameroun et zone de Bouar en Centrafrique), et au nord-est (région interlacustre). Au Congo-Kinshasa, le fer n'est pas connu dans la région occupée par la tradition Imbonga ; ce n'est que plus tard, entre les VIIème et Ve siècle av. J.-C. que l'on travaillera ce métal (sites de Pikunda et de Munda)22. Vers la même époque, le bas-Congo connaît ses premières activités de production du fer dans le cadre de la tradition Kay Ladio qui suit dans le temps la tradition Ngovo. Au Kivu, dès l'installation des premières communautés villageoises, il est probable que le fer est présent, comme l'attestent les nombreux fours de réduction du fer bien connus au Rwanda et au Burundi.

Plus tard, comme l'indiquent des recherches allemandes sur les affluents du fleuve Congo, ces premières populations vont lentement coloniser le cœur de la forêt équatoriale en suivant les axes des cours d'eau de l'aval vers l'amont ; des travaux espagnols dans l'Ituri suggèrent qu'il faut attendre –800 pour rencontrer les premiers villages dans certains secteurs de la forêt.

Vème siècle Av. J.C. : Mali - Les premières traces de peuplement humain remontent au Ve millénaire av. J.-C., on trouve en effet des vestiges néolithiques du Sahara vert dans l'Adrar des Ifoghas.

488 avant J.C. : Révolte des Égyptiens contre les Perses : les satrapes sont chassés (488 - 484)

414 avant J.C. : Amyrtée, l'un des compagnons d'Inarus, affranchit l'Egypte de la domination des Perses et se proclame roi (414 - 400)

410 avant J.C. : Guerre de Carthage avec Syracuse (410 - 368)

 

400 avant J.C. : Psammétich, Nepherites, Akoris et Pausiris se succèdent sur le trône d'Egypte (400 à 376)

IVème siècle avant notre ère : Éthiopie - La Préhistoire s'achève vers le milieu du IVe millénaire av. J.-C. période durant laquelle l'Égypte antique mentionne les premiers contacts entre le pays de Pount. L'Antiquité éthiopienne s'étend ainsi sur plusieurs millénaires puisqu'elle prend fin en 1270 avec la chute de la dynastie Zagwe et la restauration salomonide. L'inclusion des Zagwés dans la période antique est acceptée aussi bien par Richard Pankhurst que Berhanou Abebe dans son Histoire de l'Éthiopie : d'Axoum à la Révolution. Au début de son ouvrage A history of Ethiopia, Harold G. Marcus consacre son premier chapitre à toute la période allant des « débuts » (beginnings) à 1270 confirmant ainsi cette coupure.

IVème siècle avant notre ère : Maroc - C'est à partir du IVe siècle av. J.-C. qu'apparaît dans le nord-ouest du Maroc actuel la première organisation politique du pays : le royaume de Maurétanie, qui résulte de la fédération de différentes tribus berbères imprégnées des valeurs helléniques d'État unitaire, avec Baga comme premier souverain connu et Sophax comme fondateur légendaire. La Maurétanie adopte dès lors une organisation centralisée autour du roi (qui porte le titre d'aguellid comme les rois de Numidie), détenteur du pouvoir exécutif, militaire et fiscal. Les cités sont administrées par des magistrats appelés suffètes et conservent leur organisation politique héritée de l'époque carthaginoise. Les chefs des tribus vassales sont tenus de fournir des contingents variables de guerriers pour constituer l'armée de l'aguellid qui possède également des unités de mercenaires originaires de l'ensemble du monde méditerranéen. Le punique, variété carthaginoise du phénicien, est la langue officielle utilisée pour les documents administratifs, les rapports diplomatiques et les cultes de Baal, de Tanit et des divinités du panthéon libyco-carthaginois. Les Maures cohabitent avec d'autres populations, comme les Gétules du Sud, cousins des Garamantes, ainsi qu'avec les Éthiopiens occidentaux, les Pharusiens des régions centrales et les Atlantes situés par Hérodote à proximité des monts de l'Atlas.

IVème siècle avant notre ère : Soudan - Royaume de Méroé : transfert de la nécropole royale et de la capitale de Napata à Méroé. Développement de la culture méroïtique dans toute la vallée du Nil et relations commerciales étroites avec le royaume lagide d'Égypte.

IVème - IIIème siècle avant notre ère. : Algérie - Les influences méditerranéennes orientales, notamment par l’établissement de comptoirs phéniciens sur le littoral, aboutissent à la constitution de confédérations tribales avec l'émergence d’aristocraties marchandes et foncières dont certaines fonderont des États. Des entités politiques apparaissent ainsi aux IVe – IIIe siècle av. J.-C. : le royaume des Masaesyles, de la Mulucha (Moulouya) à l'embouchure de l'Ampsaga (oued-el-Kebir) ; et le royaume des Massyles, situé entre le royaume des Masaesyles et les territoires contrôlés par Carthage.

Durant la deuxième guerre punique (IIIème siècle avant notre ère) qui voit s'affronter Rome et Carthage, la Numidie couvrait la quasi-totalité du nord de l’Algérie, à la suite de la conquête du royaume masaesyle par le roi Massinissa. Le règne de ce dernier est marqué par une extension de la culture des céréales. Le royaume de Numidie dont la capitale était Cirta, prenait sans doute la forme d'une confédération de communautés. Les villes puniques du littoral, ont dû jouir d'une quasi-autonomie, et les Gétules des Hautes Plaines et du Sud sont restés indépendants.

Les influences culturelles puniques et grecques marquent davantage les villes que les campagnes, et les sédentaires plus que les nomades. En Numidie, le punique a un statut de langue semi-officielle, les rois et l'élite numides avaient également des connaissances en grec. Toutefois, le berbère restait la langue du peuple. Sur le plan de l'écriture, une écriture libyque se maintient, mais les inscriptions en libyque sont nettement moins nombreuses que celles en grec ou en punique. On atteste également plusieurs alphabets libyco-berbères, dont un occidental correspondant au royaume masaesyle et un alphabet oriental au royaume massyle.

IIIème siècle avant notre ère : République de Centrafrique - À partir du IIIe millénaire avant notre ère, l’établissement et l’expansion vigoureuse sur le sol centrafricain des populations parlant les langues du groupe Adamaoua-Oubangui s’opposent à l’expansion Bantou qui trouve alors un exutoire vers le Sud et l’Est du continent. Le noyau géographique originel des populations de langues Adamaoua-Oubangui serait tout proche car situé dans le massif de l’Adamaoua aux confins des actuels Cameroun, Nigeria, Tchad et République centrafricaine. De l’autre côté des contreforts occidentaux de l'Adamaoua (qui culmine à 3 400 m au Tchabal Mbabo dans les monts Gotel) était situé, sur la rivière Cross, le noyau originel des populations bantoues. Les deux groupes de populations vont connaître, au IIIe millénaire, une expansion simultanée à la suite de la domestication de l’igname et du palmier à huile.

L’implantation solide des populations de langues adamaoua-oubangiennes sur le territoire tiendrait à leur maîtrise des cultures agricoles aussi bien en zone de forêt sèche (apprises auprès des agriculteurs parlant les langues du groupe Soudan-Central) qu’en zone de forêt humide, une double compétence que n’avaient pas les Bantous à cette époque.

376 avant J.C. : Nektanebus Ier, roi d'Egypte (375 - 365)

365 avant J.C. : Tuchus, roi d'Egypte (365 - 363)

363 avant J.C. : Nektanebus II, roi d'Egypte (363 - 354)

362 avant J.C. : Agésilas, roi de Sparte, vient au secours des Égyptiens contre les Perses

350 avant J.C. : les Égyptiens sont de nouveau rendus tributaires de la Perse, par Artaxerxès-Ochus

348 avant J.C. : 2ème traité de commerce entre les Carthaginois et les Romains

 

335 avant J.C. : Hannon, un des premiers citoyens de Carthage, ayant voulu s'emparer du pouvoir souverain, est découvert, se retire avec 20 000 esclaves armés dans un château fort, est pris et mis à mort avec toute sa famille.

332 à 30 Av notre ère : Égypte - Alexandre le Grand, après avoir vaincu les Perses, s'empare de l'Égypte en 332 avant notre ère, fonde la ville d'Alexandrie et inaugure la courte période macédonienne qui se termine dès 305 avant notre ère. À partir de cette date, l'Égypte est gouvernée par la dynastie des Ptolémées dite aussi lagide. L'Égypte connaît alors l'influence de la civilisation grecque antique, bien que la religion traditionnelle subsiste jusqu'à la christianisation.

331 avant J.C. : Conquête de l'Egypte, fondation d'Alexandrie. Marche vers la Libye et au temple de Jupiter-Ammon. Départ pour la Mésopotamie et l'Assyrie, où se livre la célèbre bataille d'Arbelles ou de Gaugamèle, qui met fin à l'empire des Perses.

Alexandre passe les pyles Persides, et s'empare de Pasargade et de Persépolis, destruction du célèbre palais (ruine de Tschilminar)

330 avant J.C. : Darius est assassiné par Bessus.

323 avant J.C. : Entrée d'Alexandre à Babylone. La mort l'y surprend à l'âge de 32 ans et dans la 13ème année de son règne.

A la mort d'Alexandre, les principaux généraux et gouverneur de son empire étaient : Ptolémée, fils de Lagus, en Égypte; Séleucus, à Babylone et dans la haute Asie; Antigone, dans l'Asie-Mineure et centrale; Laomédon, en Syrie et en Phénicie; Cassandre, en Carie; Ménandre, dans la Lydie; Léonnat, dans la Petite-Phrygie; Néoptolème, en Arménie; Eumène, dans la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, dans la Thrace et les Pays voisins; Antipater, en Macédoine, en Épire et en Grèce. Guerre entre les généraux d'Alexandre et partage de son empire.

Empire des Ptolémées d'Egypte (323 - 30 avant J.C.) : Ptolémée Lagus ou Soter, fondateur de la dynastie des Ptolémées ou des Lagides (323 - 284 av J.C.). Il étendit son empire sur l'Egypte, la Libye, la Cyrénaïque, l'Arabie Pétrée, la Judée, la Phénicie, Damas, Chypre. Capitale : Alexandrie.

321 avant J.C. : La Cyrénaïque est conquise par Ptolémée. Fin de la république de Cyrène.

330 avant J.C. : Conquête de la Palestine par Ptolémée d'Egypte. Plus de 100 000 Juifs sont transportés en Égypte.

310 avant J.C. : Guerre de Carthage contre Syracuse (310 - 306 av. J.C.)

331 avant J.C. : Grande victoire navale remporté, près de l'Ile de Chypre, par Démétrius Poliorcète, fils d'Antigone, sur Ptolémée, roi d'Egypte.

Agathocle porte la guerre en Afrique. Les Carthaginois le forcent de retourner en Sicile.

Expédition d'Antigone et de son fils en Égypte.

306 avant J.C. : Paix entre les Carthaginois et Agathocle.

305 avant J.C. : Commerce florissant de l'Egypte avec l'Inde.

301 avant J.C. : Bataille d'Ipsus, en Phrygie. Antigone, dont le pouvoir s'étendait, depuis 307, sur presque toute l'Asie et l'Asie-Mineure, est défait par Cassandre, Séleucus, Ptolémée et Lysimaque. Dernier partage de la monarchie d'Alexandre. La Syrie reste à Séleucus, l'Egypte à Ptolémée. Lysimaque obtient la Thrace et Pergame. Cassandre conserve la Macédoine.

IIème siècle avant notre ère : République de Centrafrique - La présence d’une agriculture en République centrafricaine est avérée à partir du milieu du IIe millénaire avant notre ère.

IIème siècle avant notre ère : Maroc - Lorsque les Romains prennent pied en Afrique vers le IIe siècle av. J.-C., après la destruction de Carthage, ils s'allient au roi Bocchus de Maurétanie contre la Numidie réunissant les puissants peuples des Massyles et des Massaesyles. Cette stratégie leur permet de prendre à revers leur ennemi, le roi numide Jugurtha, gendre de Bocchus que celui-ci leur livre. Le souverain mauritanien gagne en récompense le titre d'Ami du peuple romain décerné par la République romaine ainsi que l'estime du consul Caius Marius. La politique d'alliance entre Rome et la Maurétanie se poursuit avec Bogud et son épouse la reine Eunoé, qui seront de fidèles partisans de Jules César dans la lutte qui l'oppose à Pompée pendant la guerre civile de César.

284 avant J.C. : Ptolémée II, Philadelphe, fils de Ptolémée Soter, monte sur le trône d'Egypte (284 - 246 av. J.C.). Fondation présumée de la célèbre bibliothèque d'Alexandrie.

Construction du phare d'Alexandrie.

273 avant J.C. : Traité d'amitié entre l'Egypte et les Romains.

270 avant J.C. : Construction du canal de jonction du golfe Petsique à la Méditerranée par le Nil.

264 avant J.C. : Première guerre entre Carthage et Rome (264 - 241 av. J.C.)

264 à 146 avant notre ère : Tunisie - Les Carthaginois vont s'opposer aux Grecs pour la domination de la Sicile. Puis ils vont devoir affronter les Romains pendant les guerres puniques entre 264 et 146 av. J-C. Carthage perd ces guerres et est rasée.

La Tunisie littorale devient une province romaine. Bien protégée et bien aménagée grâce à l'irrigation, elle devient un des greniers à blé et à huile d'olive de Rome.

260 avant J.C. : Guerre entre l'Egypte et la Syrie (260 - 252 av. J.C.)

256 avant J.C. : Expédition des Romains en Afrique (256 - 250 av. J.C.)

250 avant J.C. : Mali - Les premières formes de vie urbaine apparaissent vers 250 avant notre ère à Djenné-Djenno.

246 avant J.C. : Ptolémée III, Évergète, succède à son père Ptolémée II sur le trône de l'Egypte (246 - 221 av. J.C.)

Ptolémée III déclare la guerre au roi de Syrie, qui avait fait assassiner sa sœur Bérénice. Conquête de la Syrie et des côtes de l'Asie-Mineure, depuis la Cilicie jusqu'à l'Hellespont. Expédition en Mésopotamie, dans la Babylone, en Perse, dans la Médie et dans la Bactriane. Il étend ses conquêtes jusque dans l'intérieur de l’Éthiopie et sur les côtes occidentales de l'Arabie. Des troubles, survenus dans ses États, l'oblige de retourner sur ses pas.

241 avant J.C. : Paix entre Carthage et Rome. les Carthaginois évacuent la Sicile, leurs finances sont épuisées.

240 avant J.C. : Guerre de Carthage contre les troupes mercenaires qui s'étaient révoltées et contre les peuples tributaires qui s'étaient soulevés avec eux. Amilcar, père d'Annibal, les fait rentrer dans l'obéissance (240 - 237 av. J.C.)

224 avant J.C. : Les conquêtes de l'Egypte dans l'Asie-Mineure sont reprise par Séleucus III, roi de Syrie

221 avant J.C. : Ptolémée IV, Philopator, succède à son père Ptolémée Évergète sur le trône de l'Egypte (221 - 204 av. J.C.). Ce prince se livre à une débauche effrénée, fait périr sa mère, son frère, sa soeur, sa femme. L'histoire l'accuse, en outre, d'avoir fait empoisonner son père.

219 avant J.C. : Bataille de Raphia, en Palestine, gagnée par Ptolémée IV, roi d'Egypte, sur Antiochus-le-Grand, roi de Syrie. la Coelé Syrie passe sous la domination du roi d'Egypte.

218 avant J.C. : Seconde guerre de Carthage contre Rome (218 - 201 av. J.C.) Le consul Sempronius débarque en Afrique.

Bataille de Sardes, gagnée par Antiochus III, de Syrie, sur Ptolémée, roi d'Egypte.

200 avant J.C. : Érythrée - Le Périple de la mer Érythrée, un texte du IIe siècle, précise qu'il existait en Afrique de l'Est une route commerciale qui reliait le monde romain à la Chine.

181 avant J.C. : Les Égyptiens, fatigués des cruautés de Ptolémée Épiphane, se révoltent contre ce prince, qui est empoisonné.

Troubles au sujet de la succession. Ptolémée VI, Philométor, âgé de 5 ans, roi d'Egypte.

172 avant J.C. : Victoire des Syriens sur les Égyptiens à Pelusium. Ptolémée VI est fait prisonnier. Intervention des Romains, dont l'ambassadeur Popilius force le roi de Syrie à restituer les conquêtes qu'il avait faites sur leurs alliés (172 - 170 av. J.C.)

152 avant J.C. : Guerre de Carthage contre le roi numide Masinissa, allié de Rome. Défaite des Carthaginois. Défection d'Utique.

149 avant J.C. : Troisième guerre de Carthage contre Rome. Les consuls Manlius et Censorinus débarquent en Afrique, et, après s'être fait livrer toutes les armes et les machines de guerre des Carthaginois, dont des divisions intestines paralysaient tout système de défense régulier, ils déclarent que les ordres du sénat sont de détruire Carthage. Alors le courage des malheureux habitants de cette ville se réveille, et, pendant 3 ans, ils opposent aux armées romaines tous les efforts dont le désespoir et l'amour de la patrie sont capables.

148 avant J.C. : Mort de Masinissa, roi de Numidie. Suivant ses intentions, ses États sont partagés entre ses trois fils, Micipsa, Gulussa et Mastanabal. Après la mort des deux derniers, Micipsa demeure seul maître de tout le royaume.

146 avant J.C. : Prise et destruction de Carthage par Scipion Émilien, 742 ans après sa fondation. L'incendie de cette ville célèbre, qui avait eu 700 000 habitants, dura 17 jours. La république de Carthage est réduite en province romaine sous le nom de Province d'Afrique.

145 avant J.C. : Ptolémée VII, Physkon, roi d'Egypte (145 - 117 av. J.C.)

Démétrius II, Nicanor, fils de Démétrius-Soter, chasse du trône de Syrie Balas, qui est assassiné par Zabdiel, prince des Arabes, chez lequel il s'était réfugié.

144 avant J.C. : Antiochus VI, Dionysos, fils d'Alexandre Balas, dispute le trône à Démétrius II. Il est assassiné par Tryphon, qui s'empare d'une partie de la Syrie.

143 avant J.C. : Simon, frère de Jonathas, grand pontife des Juifs, fait la paix avec Démétrius qui l'affranchit du tribut. Antiochus Sidètes le ménage également, mais, après la mort de Tryphon, il le fait attaquer par Condebeus, qui est vaincu par les fils de Simon. Bientôt après, Simon est assassiné, avec deux de ses fils, par Ptolémée, son gendre, qui aspirait à s'emparer du gouvernement.

140 avant J.C. : Démétrius II tombe au pouvoir du roi des Parthes, qui le traite bien et lui donne même sa fille en mariage, mais le retient prisonnier pendant 10 ans.

138 avant J.C. : Antiochus VII, Sidètes, frère de Démétrius Nicanor, se fait proclamer, roi de Syrie (138 - 131 av. J.C.) Il se bat et fait prisonnier l'usurpateur Tryphon.

132 avant J.C. : Aristonicus, fils naturel d'Eumène II, s'empare du trône de Pergame après avoir battu et fait prisonnier le consul Licinius Crassus. Mais il est défait et pris par le consul Perpenna, conduit à Rome et étranglé par ordre du sénat (132 - 130 av. J.C.)

Une colonie romaine, la première envoyée hors d'Italie, passe en Afrique, sous la conduite du tribun C. Gracchus, et jette les fondements de la nouvelle Carthage.

129 avant J.C. : Révolte des Égyptiens contre la cruautés et la tyrannie de Ptolémée Physkon qui s'enfuit en Chypre. Cette révolte ayant été fomentée par Cléopâtre, première femme de Ptolémée, ce dernier fit égorger le fils qu'il avait eu d'elle, dans la crainte qu'elle ne l'élevât sur le trône. Il reconquit cependant son royaume, et y jouit d'une paix qui ne fut plus troublée jusqu'à sa mort.

128 avant J.C. : Alexandre Zabinas, fils d'Alexandre Balas, s'empare du trône de Syrie, après avoir été défait par Démétrius, qui est tué par Cléopâtre, sa femme. Bientôt après, cette dernière fait aussi assassiner son propre fils Séleucus V, qui s'était emparé du gouvernement d'une partie de la Syrie.

118 avant J.C. : Mort de Micipsa, fils de Masinissa, roi de Numidie. Il avait adopté et associé à l'héritage de ses États son neveu Jugurtha, conjointement avec ses fils Adherbal et Hyempsal. Jugurtha assassine ce dernier, chasse l'autre et règne seul sur la Numidie. Adherbal recouvre une partie de ses États avec le secours des romains, mais il est aussitôt attaqué par Jugurtha, qui l'assiège dans Citra (Aujourd'hui Constantine), s'en rend maître et le fait égorger (118 - 112 av. J.C.)

117 avant J.C. : La Cyrénaïque est érigée en royaume, en faveur d'Apion, fils naturel du roi d’Égypte.

Ptolémée VIII, Lathyrus, roi d'Egypte (117 - 107 av. J.C.)

112 avant J.C. : Les romains déclarent la guerre à Jugurtha, roi de Numidie. Le consul Calpurnius Pison, gagné par l'or du numide, lui accorde la paix. Jugurtha vient se justifier à Rome, y fait assassiner Massiva, neveu de Micipsa, et retourne dans la Numidie, où le consul Posthumius Albinus, envoyé contre lui, l'attaque sans succès. Aulus, frère du consul, se laisse attirer dans l'intérieur des terres et passe sous le joug après avoir fait le traité le plus humiliant (112 - 109 av. J.C.)

109 avant J.C. : Défaite de Jugurtha, roi de Numidie, par le consul Métellus. Après quelques négociations,  la guerre recommence et traîne en longueur. Arrivée de Marius. Alliance de Jugurtha et de Bocchus, roi de Mauritanie. Leurs armées sont détruites. Bocchus, pour obtenir la paix, livre aux Romains son allié qui, après avoir servi à orner le triomphe de Marius, est jeté dans un cachot où il meurt de faim. Une partie de la Numidie est donné à Bocchus, l'autre partie est réunie à la province de Carthage (109 - 106 av. J.C.)

107 avant J.C. : Ptolémée VIII, roi d'Egypte, est chassé du trône et remplacé par Ptolémée IX (Alexandre Ier) (107 - 89 av. J.C.) Sa mère Cléopâtre l'avait fait reconnaître roi d'Egypte, mais une mésintelligence étant survenue entre elle et son fils, ce dernier la fit périr dans la 18ème année de son règne.

107 avant J.C. : Algérie - La fin de la troisième Guerre punique et l’annexion par Rome du territoire de Carthage en 146 av. J.-C., va ouvrir la voie à un interventionnisme romain pendant deux siècles dans les royaumes berbères. Rome profite de la rivalité entre ces différents royaumes et des querelles de succession. Ainsi, en 105 av. J.-C, la Numidie est amputée de sa partie occidentale, cédée en récompense à Bocchus Ier, roi de Maurétanie qui a livré son beau-fils et roi numide Jugurtha aux Romains, et partagée en deux États correspondant aux anciennes Massylies occidentale et orientale. Puis, les Romains l'annexent, plaçant Juba II, le fils de son dernier roi à la tête de deux Maurétanie réunifiées (la Tingitane qui avait Tingis-Tanger comme capitale, et la Césarienne qui tient son nom de Césarée-Cherchell), ce dernier faisant de Yol-Cherchell sa capitale.

100 avant J.C. : Érythrée - Les peuples du Centre de l'Érythrée et du Nord de l'Éthiopie partagent un héritage historique et culturel commun, issu du Royaume d'Aksoum et des dynasties qui ont suivi au long du Ier millénaire av. J.-C. et de la langue ge'ez. Le tigrinya et l'amharique, langues officielles respectivement en Érythrée et en Éthiopie, sont des langues cousines du ge'ez, la langue liturgique de l'Église orthodoxe monophysite éthiopienne, ainsi que de l'Église d'Érythrée qui s'en est détachée à l'indépendance du pays.

Le Périple de la mer Érythrée, un document du IIe siècle, précise qu'il existait en Afrique de l'Est une route commerciale qui reliait le monde romain à la Chine. Les peuples du Centre de l'Érythrée et du Nord de ce qui forme actuellement l'Éthiopie partagent un héritage historique et culturel commun, issu du royaume d'Aksoum et des dynasties qui ont suivi au long du Ier millénaire av. J.-C. et de la langue guèze.

Le royaume d'Aksoum, à partir du IVe siècle av. J.-C. précédé du royaume de D'mt, couvrait une grande partie de l'Érythrée et du Nord de l'Éthiopie actuelles. Il atteint son apogée au Ier siècle av. J.-C. et adopte plus tard le christianisme.

100 avant notre ère : Tunisie - La Tunisie littorale devient une province romaine. Bien protégée et bien aménagée grâce à l'irrigation, elle devient un des greniers à blé et à huile d'olive de Rome. Carthage rebâtie par Jules César devient rapidement un centre intellectuel et religieux.

Ier siècle avant notre ère.  : Burkina Faso (Anc. Haute-Volta) - On sait peu de choses de l'histoire ancienne du Burkina Faso. Une civilisation néolithique y a produit des pierres taillées, des motifs gravés et de la poterie au Ier millénaire av. J.-C. Ensuite apparut l'agriculture avec des défrichements de la forêt primaire. Une vague de cavaliers vint alors greffer une aristocratie militaire sur cette structure. Détenteurs du pouvoir politique, ces cavaliers passèrent des accords avec les autochtones qui restèrent propriétaires du sol. Cette organisation apparaît encore sous forme de chefs de cantons et chefs de la terre.

Ier siècle avant notre ère : Cameroun - La zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria aurait été le berceau des peuples bantous.

Ier siècle avant notre ère : République de Centrafrique - Les populations de langues adamaoua-oubanguiennes achèvent leur implantation sur l’ensemble de l’actuelle République centrafricaine vers le début du Ier millénaire avant notre ère tandis que l’extension géographique maximale de ces populations est atteinte vers le début de l’ère chrétienne. Les habitants qui les avaient précédé (pygmées et soudanais centraux) sur le territoire de la Centrafrique actuelle sont alors soit assimilés soit marginalisés.

Une civilisation mégalithique qui perdure jusqu’au Ier siècle apr. J.-C. se développe dans la région de Bouar (Ouest). C’est l’apparition de la métallurgie du fer qui semble avoir mis fin à la civilisation des mégalithes (Tazunu en gbaya). La métallurgie du fer se répand d’ouest en est et s’accompagne d’une expansion de la population dont on considère qu’elle atteignit 6 millions d’habitants sur l’ensemble du territoire centrafricain au XVIIIe siècle. Les populations auraient alors vécu en relative autarcie car à l’écart des grandes voies commerciales africaines.

Entre les débuts archéologiques et la période qui précède immédiatement la colonisation, soit environ 1 700 ans, les données concernant l’histoire du territoire occupé par la République centrafricaine sont rares ou peu accessibles au grand public. Il est probable qu’à l’instar de beaucoup de peuples établis dans la zone équatoriale, les populations de la région n’ont pas éprouvé le besoin de s’organiser autour de structures étatiques mais ont plutôt conservé un système de chefferies locales. Rétrospectivement, et étant donné l’expansion démographique supposée de la population (six millions d’habitants), on peut se demander si ce système n’était peut-être pas plus performant que bien d’autres. Le défaut majeur de cette organisation politique très superficielle est toutefois de ne pas avoir pu protéger les populations de langues adamaoua-oubanguiennes des épreuves qui allaient survenir au cours de la période contemporaine.

Ier siècle avant notre ère. : Soudan - Des conflits éclatent entre les deux puissances et trouveront leur paroxysme lors de la conquête romaine au Ier siècle av. J.-C..

En -24, conquête de Philæ et d'Assouan par la Candace Amanishakhéto. Conquête de la Nubie par les romains qui seront stoppés par la reine. Traité de paix entre Rome et Méroé en -21, dit traité de Samos. La frontière est fixée à Maharraqa (en) et à dater de cette époque les deux empires entretiendront des relations commerciales florissantes.

96 avant J.C. : Ptolémée Apion, dernier roi de la Cyrénaïque, lègue ses États aux Romains. 

94 avant J.C. : Guerre des Juifs contre les Arabes, l'armée juive tombe dans une embuscade et est taillée en pièces dans les montagnes près de Gadara. Nouvelle révolte des Juifs, victoire d'Alexandre sur l'armée insurgée et ses alliés. Vengence atroce du roi, plus de 50 000 insurgés sont massacrés.

89 avant J.C. : Ptolémée IX, roi d'Egypte, chassé d'Alexandrie, sa capitale, retourne dans l'ile de Chypre, qui avait été érigée en royaume en sa faveur. Peu de temps après, il est vaincu et tué dans une bataille navale contre Chéréas. Ptolémée VIII remonte sur le trône. (89  81 av. J.C.)

81 avant J.C. : L’Égypte, sous l'influence absolue de Rome, devient le théâtre permanent de guerres que se livrent les prétendants au trône, sur lequel se succèdent, de 81 à 66 avant J.C., Bérénice, fille de Ptolémée Lathyrus, Ptolémée X (Alexandre II et Alexandre III.

66 avant J.C. : Ptolémée XI (Aulètes), roi d'Egypte (66 - 57 et 55 av. J.C.)

57 avant J.C. : Ptolémée Aulètes, devenu odieux par ses crimes et ses débauches, est chassé du trône d'Egypte et remplacé par sa fille Bérénice, qui épouse et s'associe dans le gouvernement Archelaüs, grand-prêtre de la déesse de Comana et fils d'Archelaüs-le-Cappadocien, général de Mithridate-le-Grand, roi du Pont.

Les romains s'emparent de l'île de Chypre, sous prétexte qu'elle avait été léguée à la République par un des derniers Ptolémées.

55 avant J.C. : Ptolémée Aulètes est rétabli sur le trône d'Egypte par Gabinius, lieutenant de Pompée, et fait mourir sa fille Bérénice.

51 avant J.C. : Ptolémée XII (Denys) succède à son père Aulètes sur le trône d'Egypte, dont il exclut sa sœur Cléopâtre

48 avant J.C. : Pompée, arrivé en Égypte, après sa défaite à Pharsale, est assassiné par ordre de Ptolémée Denys, sur la plage d'Alexandrie.

Arrivée de César en Égypte. Il est reconnu pour arbitre par Ptolémée Denys et Cléopâtre. Séduit par le charme de cette dernière, il décide que le frère et la sœur doivent partager le trône. Ptolémée Denys, mécontent, vient assiéger César dans son palais, mais il est bientôt attaqué à son tour et vaincu dans une bataille décisive, dans laquelle il périt en traversant le Nil.

Ptolémée XIII, le Jeune, second fils d'Aulètes, est nommé roi par César, qui lui fait épouser sa sœur Cléopâtre, avec laquelle il partage la couronne.

46 avant J.C. : Arrivée de César en Afrique. Défaite du parti de Pompée à Thapsus (État de Tunis). La Mauritanie et la Numidie sont réduite en provinces romaines. Juba, allié de Pompée, dernier roi.

44 avant J.C. : Cléopâtre fait empoisonner son frère Ptolémée le Jeune, et règne seule sur l'Egypte.

41 avant J.C. : Le triumvir Antoine près de Cléopâtre.

37 avant J.C. : Antoine établit ses quartiers d'hivers en Égypte, auprès de Cléopâtre (37 à 33 av. J.C.)

33 avant J.C. : Conduite scandaleuse d'Antoine en Égypte. Il proclame Cléopâtre reine d'Egypte, de Chypre, de Lydie et de Syrie, et donne aux deux fils qu'il avait eus d'elle presque tous les trônes d'Orient.

30 avant J.C. : L’Égypte et l'île de Chypre sont réduites en provinces romaines.

Les deux Mauritanie et une partie de la Gétulie sont érigées, par Octave, en royaume en faveur de Juba II, fils de Juba Ier

30 Av notre ère à 639 après J.C. : Égypte - L'Égypte passe sous domination romaine en 30 avant notre ère. Elle conserve un statut particulier durant tout l'Empire romain. Le pays reste un des principaux greniers à blé pour Rome, ainsi que la source de plusieurs matériaux utilisés à Rome, tels que le granite et le porphyre. Alexandrie, sa capitale, possède le plus grand port et est la deuxième plus grande ville de l'Empire romain.

Le pays bénéficie de la Pax Romana jusqu'au IIIe siècle.

L'Égypte byzantine connaît une longue période de paix, du Ve au début du VIIe siècle, qui lui permet de connaître une grande opulence. Véritable mégalopole, Alexandrie réunit philosophes et mathématiciens autour du Mouséion et est aussi le siège d'une Église disposant d'une intense vie spirituelle.

29 avant J.C. : Première année d'Auguste en Égypte, et commencement de l'ère actiaque, l'année qui suivit la mort d'Antoine et de Cléopâtre.

25 avant notre ère : Maroc - La Maurétanie devient un royaume vassal, un « État-client », qui, s'il dépend étroitement de Rome et prendra part à toutes les querelles internes de la République finissante et des débuts de l'Empire, reste autonome. Mais, faute d'héritier pour la lignée des Bocchus, le royaume finit par échoir à une dynastie d'origine numide, avec le règne de Juba II à partir de 25 av. J.-C., après un court interrègne romain12. Le roi Juba se distingue par son érudition, par son ouverture à toutes les cultures du monde méditerranéen et par son intérêt pour les arts, les belles lettres, la philosophie, ainsi que pour certaines disciplines scientifiques comme la géographie (Juba II fait explorer le Haut-Atlas, une partie des régions désertiques sahariennes, ainsi que Madère et l'archipel des îles Canaries, nommées alors îles Fortunées). Il épouse avec la bienveillante bénédiction d'Auguste la princesse Cléopâtre Séléné, fille de Marc-Antoine et de Cléopâtre VII, et n'hésite pas à faire remonter sa généalogie au demi-dieu Hercule. Une civilisation mauritanienne émerge alors, combinant avec originalité l'apport carthaginois et les influences hellénistiques et égyptiennes, avec un art et une esthétique qui s'expriment dans l'urbanisme des cités comme Tamuda, Zilil, Lixus, Césarée de Maurétanie (capitale de Juba II, correspondant à l'actuelle Cherchell) et Rusibis, et dans la construction de monuments funéraires tels que le Mausolée royal de Maurétanie ainsi que le bazina d'El Gour.

 

Ier siècle : Afrique du Sud - Au début de l'ère chrétienne, des peuples Bantous arrivent du nord-ouest, partis des confins du Cameroun et du Nigeria. La première vague de ces peuples migrants issus de l'âge du fer, agriculteurs et éleveurs, atteint l'Afrique du Sud probablement vers l'an 300 pour s'établir dans l'actuelle province du KwaZulu-Natal vers 500. D'autres descendent la rivière Limpopo aux ive ou ve siècles pour parvenir vers le xe siècle dans l'actuelle province du Cap oriental. Leur migration se fait par petites vagues, déplaçant cependant devant eux les populations de chasseurs-cueilleurs.

Éleveurs, les Bantous sont aussi des agriculteurs, maîtrisant, entre autres cultures, celle des céréales. Ils travaillent aussi le fer et vivent dans des villages. Ce sont les ancêtres des peuples parlant les langues nguni, xhosa, zoulou et diverses autres. Les Xhosas sont les seuls à être organisés en États pour se défendre de leurs voisins. Pour tous les autres peuples, l'unité politique ne dépasse pas le groupe de village.

Les deux cultures auraient, selon des sources limitées à l'archéologie, généralement cohabité paisiblement. On peut observer une intégration d'éléments des cultures Khoïsan par les Bantous. Outre les artéfacts archéologiques, la linguistique révèle que le clic, caractéristique des langues khoïsan, a été incorporé dans plusieurs langues bantoues.

Ier siècle : Archipel des Comores - Peuplée depuis près de deux millénaires, les différentes îles des Comores ont connu une histoire très voisine. Elle a connu plusieurs vagues de migrations. Ces îles étaient connues depuis longtemps des pirates arabes, elles sont même citées dans les contes des milles et une nuits. Un passage décrit la population autochtone qui y vit. Puis c'est la France, puissance coloniale, qui unit administrativement les îles. L'histoire des îles se sépare à nouveau après la formation en 1976 de la République fédérale islamique des Comores et le refus des électeurs mahorais de quitter le giron français.

Ier siècle : Kenya - Les premiers marchands arabes commencèrent à fréquenter les côtes du Kenya vers le Ier siècle.

Ier siècle au IV siècle : Malawi - Des peuples bantouphones s'installent dans la zone entre le Ier et le IVe siècle apr. J.-C.

Ier siècle : Ouganda - Les populations nilotiques, qui incluent les Luo et les Ateker, sont entrées dans la région par le nord, probablement aux alentours du Ier siècle de notre ère. Ce sont principalement des bergers et des agriculteurs qui se sont installés dans le nord et l’est du pays. Certains Luo ont migré dans la région du Bunyoro puis ont été assimilés avec les Bantous. Ils ont ainsi établi la dynastie des Badiito de l’actuel Omukama du Bunyoro.

19 après J.C. : Ptolémée, fils de Juba II et de Cléopâtre-Sélène, fille de Marc-Antoine et de Cléopâtre, monte sur le trône de Mauritanie. Il ne se fit remarquer que par son goût pour les plaisirs et son attachement pour les romains. Étant venu à Rome, sous Caligula, il excita par ses habillements magnifiques et par ses richesses a cupidité de ce tyran, qui le fit assassiner.

an 40  : Edémon, un des affranchis de Ptolémée, roi de Mauritanie, voulant venger la mort de son souverain, assassiné par ordre de Caligula, excite les Mauritaniens à faire la guerre aux Romains, mais ils sont vaincus après une lutte opiniâtre par Suétonius Paulinus, et la Mauritanie (Algérie et partie des royaumes de Fez et de Maroc) est réduite en province romaine et divisée en Mauritanie césarienne et Mauritanie tingitane (ans 40 à 42)

an 40  : Algérie - En 40 ap. J.-C, Rome met fin au protectorat de la Maurétanie et l'annexe. Toute l'Afrique du Nord, jusqu'aux franges du Sahara, est désormais intégrée à l'Empire romain.

Les territoires conquis par Rome et contenus dans les limites de l'actuelle Algérie étaient l'Africa nova ou Numidie pour son tiers oriental et la Maurétanie, voire les Maurétanies — césaréenne et sitifienne — selon l'époque, à l'ouest. Toutes ces provinces constitueront dans l'Antiquité tardive le Diocèse d'Afrique, avec pour siège Carthage.

Elles font l'objet d'une politique de romanisation dont les foyers sont les villes. Toutefois, en Maurétanie et dans le Sud surtout, des confédérations tribales berbères continuent à vivre plus ou moins en marge. La Numidie est plus urbanisée et romanisée que la Maurétanie. Les collectivités de base sont constituées en communes dont le statut diverge. Le statut social est très différencié dans une société qui demeure inégalitaire et esclavagiste, même si une minorité de Berbères est assimilée et accède aux privilèges du système, comme c’est le cas pour de nombreux notables et sénateurs, ou même quelques empereurs. L'ascension sociale pour la population dominée et l'accession à la propriété foncière sont parfois possibles pour ceux qui optent pour la carrière militaire.

En Afrique romaine, l'agriculture et le pastoralisme vivriers prévalent. Certaines régions, notamment la Numidie puis la Maurétanie sitifienne, deviennent rapidement des greniers à blé pour Rome. La région devient également une grande productrice de vin et d'huile. L'art romano-africain représente des modèles romains prédominants, mais avec une originalité où le substrat autochtone persiste. C'est en Afrique du Nord que l'on retrouvera les plus riches collections de mosaïques.

an 40 : Maroc - La Maurétanie perd son dernier roi Ptolémée. L'empereur Caligula, qui l'a fait assassiner à Lyon, fait face à la révolte d'Aedemon (un esclave affranchi de Ptolémée) : il faudra quatre ans pour écraser la révolte des partisans de l'ancienne monarchie maurétanienne. Le général romain Caius Suetonius Paulinus prend la tête d'une expédition militaire qui le conduit jusqu'au sud de l'Atlas, au Tafilalet et à l'Oued Guir aux portes du désert, tandis que Cnaeus Hosidius Geta poursuit la mise au pas du territoire avec des pouvoirs étendus. Claude annexe le royaume à l'Empire romain. La partie à l'ouest du fleuve Moulouya devient la province de Maurétanie Tingitane avec pour chef-lieu la cité de Tingis. La domination romaine se limite aux plaines du nord (jusqu'à la région de Volubilis près de Meknès) et l'Empire ne c